samedi 14 février 2026

N'abusons pas du passage cantine en priorité (billet de niche !)

J'en vois qui lèvent les sourcils, et qui se disent que vraiment, je n'ai que ça à faire de me poser des questions pareilles !

Détrompez-vous si vous pensez que ce n'est pas une réflexion noble.
Au contraire, dans le quotidien d'un profdoc, si tant est qu'il use et abuse des midis pour proposer des activités à ses élèves, la problématique du passage cantine, c'est LA problématique !

Je pourrais vous raconter les dizaines de méthodes utilisées au fil des années pour réussir à avoir les élèves le midi pour faire des activités.
Je résumerai mes essais ainsi : "Pas de prise de tête pire que le passage cantine !"
Quand je peux, je le fuis, et je trouve d'autres méthodes.
Petit panorama des arguments pour, et des méthodes alternatives.

Exemple de billets 2 en 1, à la fois "pense-bête" et laisser-passer our le passage cantine

Passage cantine prio ?

Pour le thé littéraire dont j'ai parlé dans le billet précédent, les élèves devaient s'inscrire s'ils voulaient un passage prioritaire à la cantine à 12h.
Ce n'était pas obligatoire, et s'il restait des places, ils pouvaient venir librement à 12h30 s'ils avaient mangé au premier service.
Chaque niveau mange en premier un jour différent, et les élèves qui n'ont pas cours à 11h mangent à 11h30.

Je le fais rarement, et uniquement pour les projets littéraires avec peu d'élèves, parce que :
- Cela demande un suivi des passages pour éviter le truandage (donc des listes d'inscrits, des tickets de passage, un suivi des élèves qui viennent vraiment à l'activité, et un système de punition suffisamment efficace pour leur passer l'envie de recommencer à truander !)
- Les AED n'aiment pas trop la multiplication des raisons de passage priorité
- On n'est jamais vraiment sûrs que les élèves pourront passer (sauf si on les accompagne et qu'on force un peu le passage), parce que les AED sont parfois débordés le midi. Il faut leur reconnaître que pendant que je suis pénarde au CDI à attendre le chaland, eux sont sous le préau à hurler sur des meutes affamées...
- Les collègues qui ont des cours, l'AS ou des options le midi n'aiment pas trop que leurs élèves arrivent en retard à cause du club bidule. Il m'est arrivé d'entendre des reproches plus ou moins gentiment formulés, ce que toute mon organisation interne psychique essaie d'éviter au maximum.

Projet UNICEF avec des bénévoles, donc il fallait qu'on ait les élèves tous en même temps pour lancer l'activité

C'est contraignant et plein de bais, mais c'est malheureusement le seul moyen pour que tout le monde arrive au même moment, quand j'ai besoin d'un vrai créneau 12h30-13h20, ou que j'ai prévu une activité qui doit démarrer au même moment pour tout le monde.

Je l'utilise donc avec parcimonie, pour des petits effectifs d'élèves, et uniquement le vendredi, quand il n'y a quasi aucune concurrence de passage prioritaire.

 

Ou pas de passage cantine prio ?

Sans passage cantine, j'ai plusieurs autres options :

1- Proposer l'activité tous les midis d'une semaine. Ainsi, ils choisissent leur midi selon leur heure de passage.
C'est toujours le cas quelque soit le thème, à part pour les projets littéraires qui n'ont lieu qu'une fois (d'où le passage cantine !)
J'avais choisi la formule "tous les midis de la semaine" pour les jeux collaboratifs d’enquête de la quinzaine "polar", sur les horaires habituels d'ouverture. Les jeux remplaçaient l'ouverture classique, c'était la seule activité proposée.

2- Proposer l'activité sans interruption pendant toute la pause du midi pour que les élèves viennent avant ou après manger.
C'est la formule pour le club Jeux, qui a lieu tous les midis sur une semaine thématique, toutes les 3 semaines, de 12h à 13h20 sans interruption.

3-  Donner RDV à 12h avant leur repas, et veiller à les laisser partir avant la fin du dernier service !
L’inconvénient principal est que le temps que tout le monde arrive, on n'a guère que 35 min d'activité avant la fin du dernier service.
Et si on traine un peu trop, on risque de les laisser partir manger un peu tard, et ils ne sont pas super bien reçus si les agents avaient commencé à tout ranger !
J'ai même testé une année de manger à la cantine avec les élèves du club, en fin de service. C'était éreintant (le bruit de la cantine !), mais c'était rigolo aussi. J'ai vécu le stress de voir tout le monde ranger autour de nous et être houspillée pour manger rapidos, même s'il restait encore du temps avant la reprise des cours. C'était instructif...

Cette formule est celle des clubs lecture quand je n'ai pas d'intervenant extérieur (1 ou 2 fois par an), et pour le Ciné-club (tous les midis des semaines avant les vacances).
Cela me permet en outre de ne pas fermer le CDI, puisque c'est censé être ma pause repas, le CDI est toujours fermé de toute façon. Cela me permet de proposer des activités en plus, sans réduire l'ouverture du midi, où l'affluence de lecteurs est énorme.
Je décale juste d'un petit quart d'heure, c'est quasi indolore.

Toutes ces options équilibrent naturellement l'affluence, et permet d'en faire profiter quasiment tous ceux qui sont tentés. Je touche souvent quasiment une centaine d'élèves par type d'activité avec ce système. 

 

Et les externes ?

Pour les aider à s'impliquer dans les activités du collège, nous mettons en place avec le FSE plein d'astuces, qui vont du repas de cantine offert aux adhérents pour les quelques RDV littéraires de l'année (avec autorisation parentale obligatoire à rendre signée), au club en autonomie sur les heures d'étude.

Les externes sont parfois ravis, mais aussi parfois un peu anxieux de manger pour la première fois au collège. Il faut veiller à ce qu'ils soient accompagnés par les élèves du club, pour ne pas occasionner de stress, ou risquer qu'ils se retrouvent seuls à manger.

Pas de passage cantine prioritaire, les élèves viennent à 12h avant de manger, mais les externes repartent avec la carte de cantine du FSE
 

La prochaine fois, je vous parlerai  du dilemme "club ou pas club" :
- "Pas club" : plus égalitaire, mais plus difficilement gérable (plus grande affluence, public moins engagé)
- "Club" : moins de public potentiel, donc risque de passer à côté d'élèves intéressés, mais teeeelment plus confortable à gérer !

J'avoue que faire lire les élèves, si c'est une vocation, "rester en vie ou ne pas avoir envie d'étrangler les élèves" fait aussi partie de mes priorités ;-) 

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