dimanche 24 avril 2022

Les compétences psychosociales au CDI : "Allez, respirez, ça va aller !"

Les compétences psychosociales et le bien-être, c'est à la mode, mais ce n'est pas toujours une mauvaise idée de suivre la mode !

J'ai suivi dernièrement plusieurs formations Canopé sur les compétences psychosociales, notamment celles animées par l'association Scholavie. On nous a présenté plein d'outils.
J'ai essayé d'en adapter certains pour le CDI.
A commencer en décembre par un panneau collaboratif avec des post-it. Et depuis, j'avance un peu dans mon cheminement.

"Les post-it, c'est la vie, Madame !"

mardi 29 mars 2022

Bouée 3 de notre régate "poldoc" : changement de cap validé, on avance (enfin) !

Chers co-régatiers, souvenez-vous, on a vu la semaine dernière les résultats de l'enquête lecture :
- Les élèves lisent moins de romans, mais pas forcément moins "tout court"
- Par contre, ils lisent chacun moins souvent
- Ils ne sont pas opposés a priori à la lecture, mais n'y consacrent pas de temps de loisir à la maison (il faut donc les pousser aux fesses en les faisant lire sur place, et ainsi se redonner une chance de relancer la machine)
- Ils manquent d'idées de lecture (là, c'est à moi de jouer !!)
- Ils lisent aussi "autre chose" que des récits papier, même si cela reste marginal (livres numériques ou mangas en ligne, audio, fanfiction).

Depuis la parution du billet, et ma communication aux collègues, le Centre nationale du Livre a sorti son enquête. Les résultats rejoignent mes constats, mais j'ai vu aussi que la situation de mon collège était quand-même un peu pire...
La tranche d'âge n'est pas la même, on peut donc imaginer que les chiffres sont logiques pour un collège. Ou pas...
- Nous : 34 % n'aiment pas trop lire, 14% disent détester
- France des 7-25 ans : 11% n'aiment pas trop, 5% détestent.

Bref, outre le fait que mon enquête a confirmé des tas de choses que je pressentais (et que je disais années après années dans mes bilans), cela m'a donné des billes pour mettre deux choses sur le tapis du conseil pédagogique :
1- l'envie de changer de politique d'achat, d’abandonner officiellement (et pas par défaut) l'exhaustivité du fonds, pour privilégier sur le budget de base du CDI les achats demandés par les élèves, mais aussi des romans très courts, afin de permettre des lectures loisirs courtes (sur place, ou vite bouclées à la maison)
2- l'envie d'institutionnaliser des moments de lecture sur place, dans toutes les classes, une fois par an au minimum, pour ne pas en rester à des voeux pieux chaque année lors de mon bilan.

J'ai donc diffusé le résultat de l’enquête lecture aux membres du conseil pédagogique, accompagné de ces deux propositions à discuter et à valider le cas échéant.
On a discuté. Ils ont validé. Cœur sur eux !
Attention vos têtes, on vire de bord, cap sur la lecture loisir !!

BATEAU ARRIVE (LE)
Ce conseil péda m'a mis du bôme au cœur !

mardi 22 mars 2022

Bouée 2 de notre régate "poldoc" : Alors, ils lisent ou ils lisent pas ?

Il fait beau, continuons la régate : après l'annonce du parcours, et la 1ère bouée pour lever les dernières amarres, voici venu le temps de l'analyse des données climatiques de navigation de l'enquête diagnostique de lecture, préalable à tout projet qui demande un argumentaire.

Suite à une formation sur la lecture numérique en journée de profdoc, j'ai eu envie de refaire passer une enquête lecture à mes élèves, comme j'avais pris l'habitude de le faire avant le Covid, au moins tous les deux ans (une fois sur la lecture, une fois sur le CDI, et on recommence).
J'ai rajouté des questions sur les lectures numériques, pour savoir si les chiffres optimistes des enquêtes nationales concernaient aussi mes élèves.

Après tout, s'il s'avère que les élèves n'empruntent plus au CDI, mais lisent autrement, pourquoi me désoler de mon petit budget et de la quasi absence de séances d’incitation à la lecture ?
Parce que ça va bien, hein, le pleurnichage !

Alors voyons voir ce qu'il en est.
Toujours utile, en 2022, un CDI et un profdoc ? (Vous avez vu, je fais la sirène, vous ne pouvez QUE cliquer sur la suite !!)

La lecture, aussi forte qu'Ulysse : elle résiste aux sirènes, mais elle a plein d'adversaires qui veulent la faire disparaître sous l'eau ! Tiens bon, Lecture !!!

mercredi 16 mars 2022

Bouée 1 de notre régate "poldoc" : Pourquoi j'hésite tant à diminuer l'exhaustivité du fonds ?

Oui, pourquoi ?
Et bien sûrement parce que je suis une vieille doc !
Formée à la Dewey, avec un héritage de bib-doc qui se doit de gérer un fonds de CDI comme à la bibliothèque. Avec des rayons équilibrés et bien achalandés.

C'est sans doute nécessaire en milieu rural, sans ressources à des km.
Mais mon collège est proche du centre, avec deux librairies, deux bibliothèques et des bibli dans les villes et villages de secteur.

Si je veux être très honnête, à part ME faire plaisir, faire plaisir à la fille grande lectrice d'UN collègue (pas le même collègue au fil des années), et à UN lecteur de temps en temps, QUI lit les "gros" romans formidables que j'achète ? Et parfois même pas gros, mais juste un peu complexes ou exigeants.
Les gros lecteurs sont absents du CDI, mais cela veut-il dire qu'ils n'existent pas du tout ?
On pourrait faire le pari qu'ils achètent ou vont en bibliothèque, non ? Et qui dit qu'ils ne lisent pas du numérique, ou dévorent les bibliothèques de leurs parents ?
(Réponse la semaine prochaine, avec le résultat de l’enquête lecture ! Suspens !!)

Alors si les gros lecteurs trouvent des gros livres ailleurs, pourquoi continuer à en acheter, et pourquoi ne pas me concentrer sur les autres types de lecteurs, plus fragiles ?
Si l'on rajoute que les projets des professeurs de français n'incluent désormais plus trop cette littérature, et qu'il est devenu rarissime que des collègues prévoient des recherches dans des livres documentaires, on peut se demander ce que je fais à m'agripper à mes vieilles habitudes !
Pourquoi continuer à acheter tous ces types de livres, à part pour maintenir l'exhaustivité du fonds, et une tradition ancestrale de profdoc ?
Quel est l'enjeu exactement de cette réflexion sur les achats ?

Changement de paysage au bout du voyage !

 Rappel du programme de la course : https://clairementdoc.blogspot.com/2022/03/regate-politique-documentaire-programme.html

Explications après le clic :

jeudi 10 mars 2022

Régate Politique documentaire, programme de la course : "Coup de tonnerre dans les rayons ?"

Je garde encore un peu mes métaphores maritimes, je me sens dans le vent en ce moment. Je garde le ciré, espérons que vous n'aurez pas le mal de mer...

En cette année de "lecture grande cause nationale", et de journée internationale du quart d'heure lecture décrété "1/4h magique", j'ai envie de vous parler de lecture et de politique d'achat.
Ou plus exactement, d'aborder les mesures que je dois prendre pour palier la baisse cruciale de crédits du CDI, la baisse fatale d'attractivité du CDI pour les lecteurs, et la toute discrétion des séances d'incitation à la lecture loisir.
Ironique, non ?

Il faut bien l'avouer, en ce moment je me sens noyée sous les défis. Et comme je le disais avec le thème précédent sur l'EMI, je sens aussi que mon bateau est un peu troué. Soit je le colmate, soit j'en change (soit je sombre).
Afin de ne pas couler, j'enfile mon gilet de sauvetage, et je vous embarque avec moi. Je le dis souvent, penser à tous mes questionnements en sachant que je vais en parler ici m'aide à remonter au-dessus de la ligne de flottaison. J'y vois plus clair, et je redresse la barre. Merci donc à vous de me suivre, même quand ça tangue !

Allez, en route, moussaillons ! Cap sur la politique documentaire ! Baissez la tête pour ne pas vous prendre la barre, on va peut-être virer de bord !

mercredi 23 février 2022

Auto-évaluation en 6ème, une activité d'évaluation "deux pierres (à l'édifice) d'un coup"

Un peu redondants, mes billets : entre les chevaux de Troie pour passer en loucedé, et les séances "3 en 1" pour rentabiliser, on voit que je cours après le temps ! Bienvenue dans la réalité pédagogique des profdoc !

Quand on a les élèves de 6ème 50 min tous les 15j, on ne peut pas se permettre de vérifier leurs connaissances trop souvent. Sinon, on patine : deux pas en avant, un pas en arrière.
J'ai quand-même voulu motiver un peu mes troupes pour faire les activités à la maison d'une fois sur l'autre, et vérifier aussi ce qu'ils avaient retenu après les séances sur :
- les mots de vocabulaire du livre
- les métiers du livre
- le début des mots de la BD (première activité du diaporama BD).

Le tout sans "perdre" une heure précieuse.

Mais quand on parle "évaluation", le stress monte, c'est la panique.
J'ai donc réutilisé les étapes de couleur qu'on utilise en séance, pour que cela soit une activité "positive" et qu'au-delà du moment d'évaluation, la séance serve aussi à "apprendre" et à développer le travail en équipe.
J'avais tout préparé au cordeau, et évidemment, après la 1ère séance, j'ai modifié plein de choses. Mais dès la 2ème, les choses se sont déroulées à merveille, alors je vous partage ce doux moment d'évaluation.

 

jeudi 17 février 2022

2ème volet "cheval de Troie" : pHARe, un cheval de Troie pour l'EMI ?

Tel un PHARE dans la nuit (je ne vois que ça comme justification de l'acronyme...), voici venir le nouveau projet de l'éducation nationale : la lutte contre le harcèlement.
Très bien ! Enfin !
A raison de 10h par an et par classe.
Oups !
10h institutionnelles, imposées, pour lesquelles les établissements vont devoir rendre des comptes.
270h d'actions pour une seule année et nos 27 classes.

Qu'on me comprenne bien, je ne nie pas que des actions sont nécessaires voire indispensables sur ces thèmes. Je fais partie de ceux qui en proposent.

Je m'interroge juste sur la place "des autres choses", indispensables elles-aussi.
Par exemple et au hasard : l'EMI (mais je pourrais aussi dire la lecture. Aïe, pas de pot, ce sont mes deux missions...).

Si on poursuit la métaphore, on pourrait dire que l'EMI est le sous-marin troué : il est invisible, et en plus, il prend l'eau.

Vous le voyez, le sous-marin EMI, un peu en difficulté à l'horizon ?

lundi 7 février 2022

La fluence comme cheval de Troie pour la lecture

Le profdoc a des missions, mais pas d'élèves.
Il est prié de collaborer / impulser / coordonner.
Avec des collègues qui ont de moins en moins de temps pour le faire.
Il doit donc souvent tricher un peu pour agir.
Faire les yeux doux, supplier, menacer, se faire une petite place en jouant des coudes. Plus ou moins selon les sujets, ou les situations locales.
Il est même parfois amené à jouer les coucous et se tailler l’incruste, pour réussir à remplir son contrat. Sauf qu'il ne met pas les collègues hors du nid, c'est plutôt lui qui est poussé vers la sortie, et qui doit s'accrocher aux branches !
"Je peux venir, dites, je peux venir ?"

Pour faire de l'info-doc et de l'EMI, je vais peut-être tenter de passer par la case "lutte contre le harcèlement", je vous en recauserai la prochaine fois.
Et pour faire lire les élèves, et bien je prends aussi ce qu'on me donne.

Cette année, c'est la fluence qui a été ma chance. La fluence, grande cause de l'éducation nationale (la lecture étant la grande cause nationale, ne mélangeons pas tout. Cette cause-là ne m'a donné ni moyens ni cadre de travail, mais bref).
Il y a des créneaux pour la fluence ? Alors je prends.
Mais est-ce que je fais bien un entraînement à la fluence, c'est la question. Je vous raconte, et vous jugerez de mon imposture.

cheval-de-troie.jpg
Un profdoc devant la grille horaire des 6e

samedi 29 janvier 2022

Pour une culture des sources : "J'ai pas trouvé d'infos sur Monsieur AFP, Madame !"

Et ben, on peut dire qu'elle m'a donné du fil à retordre, cette activité !
Pour les consignes données aux élèves, et le déroulé de séances, c'est ici.

Je vous mets en fin de billet quelques exemples de travaux d'élèves, que je trouve assez intéressants pour voir ce que ces 2h de travail ont apportées aux élèves (1h classe entière, 1h salle info demi-groupe).
Je n'ai rien retouché.
Cela permet de voir leurs difficultés dans l'argumentation.
Leurs discussions à l'oral étaient souvent plus riches, mais le passage à l'écrit est compliqué.

Les voir chercher et réfléchir a été très enrichissant. Il a fallu en général les guider pour qu'ils trouvent le "à propos" sur les chaînes YouTube, et pour qu'ils fouillent un peu en googlant les noms propres.

J'ai par exemple réalisé qu'il faut qu'ils se créent une solide culture des sources... 

"J'ai pas trouvé d'infos sur Monsieur AFP, Madame !"