dimanche 22 décembre 2013

La tête dans les nuages !

Capture d'écran
ça y est, les nuages sont prêts !
Ils sont publiés, et mon équipe de complices va élire leurs préférés (collègues profs, CPE, adjointe qui est repartie avec quelques petites poches pour les vacances... et bien sûr mon armada de lecteurs à la retraite).

J'ai eu beaucoup de courrier suite à la publication de cette activité, je me suis donc dit que cela valait la peine de partager mes observations : 135 nuages, cela permet de voir pas mal de choses !


Attention, petit logiciel à télécharger

Le logiciel Tagxedo est en ligne, mais il a besoin pour fonctionner de l'installation d'un petit logiciel sur les machines. Cela se fait très facilement, il suffit de cliquer sur le lien proposé. Encore faut-il y avoir pensé avant que les élèves n'arrivent, et dans certains établissements, il faut s'être connecté avec des codes administrateurs.


En une heure ?

Au départ, je pensais faire travailler les élèves 2h, lecture sur place comprise. Mais j'ai rajouté la page avec les phrases de justification, parce que cela obligeait les élèves à réfléchir, et du coup c'est devenu beaucoup plus intéressant. J'ai donc dû rajouter une 3e heure.
Mes élèves sont habitués à utiliser la copie d'écran et la bidouille dans Paint pour récupérer des polices (cf message précédent), donc ils le font assez vite. Avec des élèves qui découvrent la technique, comptez davantage de temps. 
Si l'on veut simplement leur faire faire un nuage à partir d'un roman, sans phrases d'explications, et qu'ils ont lu déjà le roman, une heure peut suffire. On peut même les mettre directement sur ordi, sans passer par l'étape brouillon. Mais cette situation ne convient à mon avis qu'à deux cas de figure : élèves oisifs en heure d'étude et que l'on veut occuper, ou activité proposée en club.


Mode d'emploi ?

J'avais déjà donné aux élèves une feuille de consigne, qu'ils devaient suivre. 
J'ai donc choisi la formule sans mode d'emploi, pour ne pas rajouter trop d'écrit : petite démo au début pour tout le monde au vidéo-projecteur, très rapidement, puis des aides ponctuelles individuellement en passant derrière les écrans.
Cependant, si l'on ne veut pas être obligé de rester derrière les écrans, par exemple si l'activité a lieu sur les heures d'étude, il vaut mieux avoir un petit mode d'emploi avec quelques copies d'écran, pour ne pas répéter 15 fois les mêmes conseils. Pendant les vacances, je me pencherai sur le mode d'emploi.


Quoi en faire ?

On peut utiliser les nuages en "déco", les imprimer et les exposer à côté des romans en "chair et en os" pour une présentation jolie. 
En club, j'ai aussi testé les nuages-énigmes : pour faire découvrir la collection de SF Mini-syros, on a décidé de créer un jeu-concours. A la différence du nuage-résumé, il ne fallait pas que l'on puisse deviner trop vite de quel roman il s'agissait. Une toute autre démarche, à faire à plusieurs.
Si l'on a fait faire des nuages à partir de contes, on peut les afficher et faire un concours pour faire retrouver de quels contes il s'agit.
On peut les publier sur un site (cela coûte moins cher en encre...). S'il y en a beaucoup, on peut comme moi les mettre tous dans un document Libre office dessin, le transformer en pdf, et exporter ce pdf sur le site Youblisher (idem calameo) pour créer un livre numérique. On peut mettre le lien sur un site, ou récupérer le code html pour l'intégrer sur un blog.


Dans quel cadre ? 

On peut proposer la création de nuages à des élèves oisifs sur des heures d'études, en club, et pourquoi pas en activité en 6e ou en 5e sur des créneaux CDI.
Sur les 4e ou 3e, cela ne me semble possible que sur la base du volontariat, ou si un professeur de lettres est partenaire. Dans ce cas, la 2e page de justification me semble indispensable pour obliger les élèves à aller au fond des choses, pour qu'ils prouvent leur compréhension du livre.


Avec des élèves en difficulté ?

On peut utiliser la technique avec des élèves d'ULIS, de Segpa, ou en module d'aide à la lecture. Mais si l'on veut que cela ne soit pas uniquement ludique (sur heure d'étude ou en club, cela n'a pas d'importance d'en rester là), il faut à mon avis leur demander d'une manière ou d'une autre d'expliciter leurs choix. Ils ne choisiront pas leurs mots de la même façon s'ils savent qu'ils devront les justifier. Et l'exercice est excellent. 
Nous l'avons testé avec bonheur avec une classe de 4e Segpa. Le résultat est bluffant quand on connait les difficultés des élèves. Nous les avons mis dans Libre office Texte (et pas Dessin, plus difficile à prendre en main pour eux), et ils n'avaient qu'une page à faire (leur nuage et leurs phrases en dessous). Par contre, le nombre d'heures nécessaires a été conséquent, et les documents n'ont pas tous été terminés avant les vacances. On aurait dû encadrer davantage en donnant des limites de temps à respecter pour chacune des étapes, quitte à évaluer carrément par une note chacune des étapes dépassées (lecture du roman, mots trouvés, phrases écrites au brouillon, mots tapés dans le logiciel, forme trouvée, couleur choisie, enregistrement, insertion, phrases tapées, mise en page faite). Ce sont des élèves peu sûrs d'eux qui ont du mal à décider, choisir. Ils ont aussi pour certains du mal à concrétiser la tâche à effectuer, et il faut leur montrer un exemple. Certains n'ont pas cessé de changer de livres, puis de mots, puis de forme, et finalement chez certains, rien n’avançait.
Idée parallèle : un groupe de 3 élèves qui avaient pris la même Petite poche nous a servi une leçon de pédagogie dont nous avons pris de la graine : ils se sont mis tous les trois autour d'une table, et ont lu chacun leur tour à voix haute le roman. Ce sont les seuls à l'avoir terminé sur l'heure. Désormais, nous procéderons ainsi : 3 ou 4 élèves par livre, et nous pourrons aider certains groupes en allant lire avec eux. C'est la technique que j'utilise en club lecture avec mes lecteurs retraités, j'aurai dû transférer avant ! 


Et l'orthographe ? 

J'ai été prise un peu au dépourvu face à la quantité de fautes d'orthographe. Certaines phrases étant même rendues illisibles par les confusions "a/à", "on/ont", "ses/c'est", qui étaient les fautes les plus classiques. Les élèves ont aussi du mal avec les majuscules et les points, pour former leurs phrases. Comme cela devait être publié, et que je n'avais pas anticipé cet écueil, je les ai aidés à corriger leurs fautes, ou je suis repassée derrière eux avant publication, sans changer cependant la structure de leurs phrases, pour laisser de l'authenticité à leurs textes.
Si c'était à refaire, je laisserais tout tel quel, sans rien changer. Et j'enverrais leurs documents à mes complices ou en faisant des échanges entre classes (sans publication sur Internet, du coup), pour que les élèves se rendent compte que leurs phrases sont totalement illisibles, et que l'orthographe, ça sert quand même un tout petit peu à quelque chose ! Et ensuite, on ferait une copie de diapo (pour garder une trace du 1er jet d'écriture et pouvoir comparer), et ils reprendraient leurs textes, avec mon aide ou en s'aidant mutuellement, pour rendre leur pensée intelligible, entendable, par d'autres, à distance. C'est à cela que sert la langue écrite, finalement, mais ils n'en ont pas tellement conscience.

Bons nuages !
Et bonnes vacances...

mercredi 18 décembre 2013

Passez commande pour les vacances !

A la demande de mes collègues de lettres, je suis passée voir quelques classes avant les vacances, avec un panier de livres. C'est assez traditionnel, mais toujours efficace.
J'ai parfois présenté quelques romans, parfois amené davantage de titres pour pouvoir les faire circuler sans les présenter (technique du "passe à ton voisin", les élèves remplissent la fiche en carton si un livre les intéresse, sinon ils passent à leur voisin). 

Une collègue m'a demandé de passer voir une 6e vendredi après-midi. Comme je voyais la classe quelques jours avant, j'ai testé une nouvelle idée : la commande de livres.

J'ai utilisé le logiciel Proclasse fourni par le photographe en début d'année, et j'ai créé en deux clics des petites cartes avec les photos des élèves. Je les ai découpées et distribuées. Les élèves ont noté au dos leur commande : un roman sur les chevaux, un livre doc sur les lézards, un manga One piece, ou pas de livre du tout.
Vendredi, je passerai donc leur apporter leur commande individuelle, en glissant dans chacun des livres préparés leur petite carte individuelle avec leur photo. Si je n'avais pas pu me déplacer, il aurait suffit au collègue de les leur distribuer.

Ils avaient l'air ravis, et moi aussi. (rajout du vendredi soir : 23 livres prêtés, au lieu des 3 à 6-7 d'ordinaire lors de ces traditionnels visites express, comme quoi la formule "commande personnalisée" fonctionne ! Et une semaine après la commande, ils se souvenaient parfaitement de ce qu'ils avaient commandé).

samedi 14 décembre 2013

Club-lecture : comment faire venir (et faire lire...) les grands ?

Et s'il suffisait de faire un club où on lit ?

Ne riez pas !

Finalement, est-ce qu'on lit PENDANT mes clubs ? On cherche, on écrit, on rédige, on vidéote, on sonorise, on fait des photos, des reportages avec les photos, on fait des sélections, des affiches, on range les livres, on les couvre, on fait des pages Internet...  Il faut dire que je cours après les lecteurs, et que si je fais un club-lecture classique, j'attends le chaland ! Donc j'ai pris le pli de les attirer avec des activités détournées. Et ça marche pas mal avec les "petits".

Mais les "grands" cherchent autre chose. Les lecteurs veulent des idées de lecture personnalisées, les non-lecteurs veulent accompagner les copains et continuer à voir si, par hasard, il n'y aurait pas un livre pour eux quand même. Et surtout, ils ne veulent pas se mêler aux "petits" qui courent partout, ils ne veulent pas "faire un club", encore moins "de lecture". Il faut faire en sorte qu'ils ne rasent pas les murs au moment de rentrer au CDI pour le club, il faut qu'ils le fassent tête haute et tout sourire... Qu'ils ne perdent pas la face, quoi, qu'ils soient fiers et qu'il y ait des envieux.
Alors je me suis dit : pourquoi pas des gâteaux et des jus de fruits (merci le FSE), un créneau réservé 4e-3e, des RDV espacés de 3 semaines ou un mois (surtout pas toutes les semaines comme un club classique), et un jour qui change, tiens, pour ne pas tomber sur le même cours à chaque fois (soit on le rate et on le rattrape avec l'accord du prof concerné, soit tant pis on viendra la prochaine fois, ça tombera un autre jour). Au passage, merci à mes collègues de toutes disciplines, toujours d'accord pour laisser des élèves participer à une action qui les fait lire.

Lors du passage dans toutes les classes de 4e-3e pour me faire de la pub, j'ai appuyé sur les TUC et les boissons, pour faire rire, et aussi mine de rien pour que les éventuels visiteurs ne perdent pas la face, justement. Vous allez où ? On va à l'Apéro-lecture  ! ça a une autre allure que "on va au club lecture"... Et vous faites quoi ? On lit ! On boulotte, on papote (de livres), on s'échange des idées de lecture, on passe commande à la doc pour la prochaine fois... et on lit !

6 filles la 1ère fois, 16 cette semaine (il y a même deux externes, hourra !!), des lectrices uniquement (mais des élèves que je ne voyais plus du tout depuis l'arrêt des séances obligatoires au CDI en 5e. Loin des yeux, loin du coeur, la lecture !...), 8 emprunts, des lectures sur place (un quart d'heure de total silence, du coup, j'ai pris un livre aussi...), une mission pour moi à la librairie pour 2014 (des histoires d'amour, Madame).

Je termine 2013 avec un sacré beau cadeau de Noël !

Dites, j'y pense... et si ce club-où-on-lit, ça marchait aussi pour les petits ? Un peu de musique en fond sonore, des TUC peut-être de temps en temps, ou des chocolats à Noël, et hop, ambiance zen façon Club relaxation ! Qu'est-ce que ça ferait du bien ! Bon, une petite affiche ou un montage vidéo de temps en temps, je ne pourrai pas m'en empêcher, mais ce n'est pas grave, les élèves aiment bien. 
Je sens que 2014 va me coûter cher en TUC !!

lundi 2 décembre 2013

Dafont et Paint pour des titres plus jolis

Je montre à tous les élèves, cette année dès la sixième, la solution pour mettre des beaux titres à leurs exposés. Une seule règle : interdiction de le faire avant d'avoir terminé tout le reste, cela doit être la cerise sur le gâteau.

Sur le site Dafont, choisir d'abord une rubrique, pour pouvoir accéder à la case qui permet d'entrer un texte :
Capture d'écran

Ensuite naviguer dans les rubriques et les pages de polices, pour choisir celle qui nous convient. Quand on est fixé, appuyer sur la touche "Impr Ecran" en haut du clavier.

Capture d'écranColler cette capture dans Paint, puis sélectionner la partie qui nous intéresse, avant de la copier-coller sur l'exposé, à la place de l'autre.

Capture d'écran
Rajout 2018 : depuis, j'ai fait un mode d'emploi, et je ne peux plus le faire en 6e, par manque de temps. J'essaie de le passer en 5e.

dimanche 24 novembre 2013

La lecture sur place, une solution à mes problèmes existentiels

Rappel des épisodes précédents : j'ai compris l'an dernier que mes collègues de lettres ne souhaitaient pas faire de projets particuliers autour de la littérature jeunesse, à part quelques séances de présentation et lecture sur place. Ils souhaitent bien-sûr que l'on propose à leurs élèves des lectures-loisirs adaptées à leurs goûts et à leur niveau de lecture, mais ne veulent pas que cela constitue un projet dans le cadre de leur enseignement.
Je l'ai digéré, intégré, et finalement je trouve la répartition tout à fait à mon goût, d'autant que je suis toujours la bienvenue si je veux passer dans leurs classes avec des propositions de lecture. 

Mais j'ai envie quand-même d'en faire, des projets autour de la lecture ! Et pas seulement en club avec mes 5 désœuvrés du midi...  Je reste convaincue que sans contrainte, les élèves ne peuvent pas découvrir le plaisir. Si je me contente de leur montrer des livres de temps en temps, cela ne va aucunement les faire lire, encore moins leur faire avoir envie de lire seul sans contrainte. 

J'ai déjà essayé de me lancer seule dans un projet-lecture de plusieurs heures avec une classe, sur les heures-CDI. La seule chose que j'ai entendu c'est : "Mais Madame, on en déjà un à lire pour le français". Donc il n'était pas question d'imposer une lecture à la maison à mes élèves.

Cruel dilemme et intense frustration...
Couverture de livre


Alors, comme je suis adepte des "mini-projets, mais qui font le maximum", j'ai cherché cette année à concilier tout cela : lecture, plaisir, toute seule (mais avec des partenaires), pas trop long pour ne pas se lasser, et travail documentaire.

Capture d'écranEn sixième, j'ai fait revenir mon armée de lecteurs à la retraite, pour refaire 1,2,3 albums avec toutes les classes. Une heure de découverte d'albums, puis exposés sur l'événement. Sur les heures-CDI quand c'était possible, sinon les collègues de lettres ont bien volontiers "prêté" une de leurs heures, et se sont installés eux-aussi avec les élèves. On remet ça au printemps, avec la nouvelle sélection d'albums.


Document personnel

Pour les 4e-3e, pour l'instant, je n'ai réussi qu'à créer un club spécialement adapté aux grands, pour ne pas perdre les lecteurs "gagnés" ou "pas perdus" fin de 5e : un Apéro-lecture (parce que c'est plus rigolo, et que ça fait baver d'envie les 5e !), qui n'aura lieu que 3 ou 4 fois (à cet âge, on n'a pas envie de faire partie d'une activité régulière à l'année), un jour différent à chaque fois (pour prendre en compte les cours du midi). Par exemple, je sais déjà qu'en décembre, j'aurai 6 élèves de 3e qui ont cours le lundi, et qui ne peuvent pas venir le mardi de novembre. On échangera des idées de lecture, et je noterai leurs souhaits pour faire des achats réservés au groupe. Les élèves externes qui feront l'effort de venir manger quelques midis à la cantine seront récompensés de leur investissement par un chèque-livre cadeau du Conseil Général.

En parallèle, je prévoie des passages flash dans les classes, et je compte sur quelques séances de lecture sur place avec les collègues.


Pour les cinquièmes, j'ai mis en place un concours de nuages de mots, qui prend trois heures de séances-CDI. J'ai sélectionné 12 romans très courts à lire sur place. Les élèves les ont lus, et ont créé des nuages de mots pour symboliser le roman à l’aide de l'application en ligne Tagxedo. Ces nuages vont être soumis en décembre à un jury d'adultes (mes partenaires de l'UCTL et des adultes complices), pour déterminer les meilleurs nuages.
12 livres, soit 12 élèves gagnants, et une remise de prix au CDI en présence du chef d’établissement et des adultes du jury.

Succès très net pour ce projet. 

D'abord, les élèves ont beaucoup aimé les romans : satisfaction personnelle intense ! "Madame, pour une fois je comprends l'histoire". Cela peut faire plaisir, ou pleurer, c'est selon... 

Ils ont ensuite été très actifs, et ont mis en oeuvre des tas de compétences :
- Quels mots pour symboliser une lecture ? Quelles phrases pour justifier les mots choisis ?
- Quelle image pour le nuage ? Utilisation de google-image pour trouver la meilleure image, sachant qu'il faut qu'elle convienne pour le logiciel, donc sélection des cliparts grâce aux options
- Utilisation de plusieurs outils en parallèle : site Tagxedo, Libre office dessin, site Dafont (associé à Paint pour récupérer des plus belles polices de caractères en faisant des captures d'écran)

Trois heures chouettes et productives. Une ambiance sereine et affairée, comme je les aime. J'ai même pu couvrir des livres pendant qu'ils lisaient, tout autour de moi, m'arrêtant de temps en temps pour expliquer un mot ou une phrase. On appelle ça le bonheur pédagogique...

samedi 23 novembre 2013

Pourquoi il faut avoir One Piece et Naruto

One piece, Naruto, Fairy Tail : ils connaissent, les lisent et relisent, et ne veulent lire que ça. Et puis il y a tellement de tomes... Donc, on ne les achète pas.

"Vous avez Naruto ?" Si votre réponse est négative, ils vont en déduire que leurs lectures ne sont pas celles du CDI. Pourquoi continuer à venir ? Ils ne peuvent pas comprendre la démarche de vouloir leur faire lire autre chose.

S'ils sont sur vos rayons (les 2 premiers tomes de chaque suffisent), ou si vous pouvez dire "ils sont empruntés", c'est tout différent. Vous validez leurs lectures et leurs goûts. Ils se reconnaissent au CDI comme des lecteurs attendus et naturels. S'ils sont empruntés (ce qui ne va pas manquer d'arriver sans arrêt), ils se tourneront alors plus volontiers vers les autres mangas proposés.

Ou pas... mais vous aurez essayé...

Encore des pochettes plastiques !

J'ai eu cette semaine une illumination : et si je donnais aux élèves des pochettes plastiques pour leur cartable, pour que les livres ne soient pas abimés dans le transport ?
Un élève de sixième m'a regardé d'un air blasé : "Ben moi je le fais depuis longtemps !".
Un peu vexée, je l'ai embauché pour coller les cent étiquettes auto-collantes sur les pochettes récupérées à droite à gauche dans tous mes classeurs.
Un système peu coûteux pour limiter les livres salis dans les sacs.

Et pour vous éviter de passer des heures à chercher la bonne taille pour vos cases de tableaux, voici mon fichier d'étiquettes, pour des étiquettes 70*35 mm, vendues en 100 planches de 24 étiquettes. C'est toujours bon à avoir sous le coude, des étiquettes auto-collantes. 

mercredi 13 novembre 2013

Classeur de suggestions

C'est un grand classique des CDI.

Je l'avais abandonné dans sa version cahier, suite à des écrits pas trop académiques, qui m'avaient obligée à censurer des pages, et donc à les déchirer.
J'ai essayé la version numérique, avec un article sur le blog du CDI, mais cela n'a pas marché.

Je viens de le relancer en version classeur (facile d'enlever des feuilles, ou d'en rajouter), avec des rubriques (qu'on pourrait imaginer de couleur si j'avais eu le temps de mettre des feuilles de couleur dans l'imprimante...). Aussitôt présenté aux classes, aussitôt utilisé, j'ai eu tort de ne pas le refaire avant.

Fiches, ô fiches !

Suite des aventures de mes fiches en carton.

Arrivée en rupture de ces précieuses aides, j'ai dû me rabattre sur des fiches imprimées sur du bristol léger, à partir d'un fichier créé dans un traitement de texte.
Et bien, je crois bien que je vais adopter le système ! D'autant qu'il y a exactement les cases qui m'intéressent, et que je n'ai pas besoin de barrer, rajouter des éléments sur des fiches achetées, mais pas adaptées.
Et cela va éviter aux élèves de remplir le verso avant que le recto soit rempli, ce qui a le don de m'énerver, et de m'embrouiller !

Pour les vieux-jeux comme moi, voici le fichier si vous voulez le mettre à votre sauce.

vendredi 8 novembre 2013

Un truc de radin

Un peu à la manière des soeurs Tatin, c'est par hasard que j'ai découvert ce qui va sauver mon budget !
Ma fille me dit la veille de la rentrée : "Au fait, il y a le roman de français à couvrir pour demain". Évidemment, en bonne doc, je n'ai rien à la maison pour couvrir un livre. 
Afin d'éviter à ma progéniture une punition, j'ai improvisé une couverture avec une pochette plastique (de celles qui s'achètent par 100), et le résultat est bluffant !!!

Mon cerveau de doc a tout de suite vu l’intérêt à tirer de cette découverte : je peux embaucher des élèves pour m'aider à couvrir des livres ! S'ils ratent, je ne vais plus serrer les dents en disant "c'est pas grave", je vais leur dire "prends-en une autre"...

Du coup, tous les petits romans et les mangas qui trainent en attendant d'avoir le temps de les couvrir devraient pouvoir trouver le chemin des étagères plus vite, si j'ai de la main d’œuvre à moindre coût de revient, et à moindre stress.
Et on va pouvoir s'occuper aussi des romans de la réserve de français, que je refuse de couvrir, que personne ne prend en charge, et qui deviennent des loques littéraires au bout de la première utilisation.

Il ne reste plus qu'à embaucher mes "Z", et à acheter quelques paquets de chocos.

dimanche 13 octobre 2013

"Le CDI c'est pour les petits".

En fin d'année dernière, des remarques d'élèves m'ont interpellée. Alors que j'avais pris leur classe à l'improviste, suite à une absence de prof, j'avais entendu de la part de certains : "Mais Madame, le CDI, c'est pour les 6e-5e !"
Évidemment beaucoup de provocation et de mauvaise humeur dans leurs remarques : ils auraient préféré sortir du collège au lieu de venir avec moi un vendredi en dernière heure...
Mais quand-même, j'ai été interpellée par leur réaction. C'était une classe qui était venue plusieurs fois avec les collègues dans l'année, et visiblement, cela n'avait pas suffit à ce qu'ils se sentent chez eux.

J'ai regardé autour de moi : de la couleur, des plantes, des objets, des livres. Est-ce que c'est trop enfantin, à force de se vouloir accueillant ?

Le lundi suivant, j'en ai revu quelques-uns : "Dites-moi ce qui fait que vous ne vous sentez pas à votre place ici ?". Ce qu'ils m'ont dit m'a étonnée, mais ils avaient raison :
- sur la table des nouveautés, à l'entrée, aucun livre n'était pour un public de grands.
- les objets réalisés en Art plastique leur semblaient bébés (pourtant ils sont faits par des 3e...)

J'ai alors réalisé que :
- les étiquettes (romans, BD, albums...) sont coloriées par des élèves que j'embauche pour les occuper : des 6e, et souvent des filles, qui adorent colorier et décorer !
- les livres qui sont posés sur les tables sont effectivement trop souvent choisis par rapport au goûts des élèves les plus nombreux à venir, donc les plus jeunes, c'est un cercle vicieux !

J'ai demandé leur avis à des garçons de 4e, qui viennent souvent : "Ce sont peut-être des élèves qui ne connaissent pas le CDI (effectivement, il s’agissait d'élèves d'une section sportive, arrivés l'an dernier en 4e). Ils ne savent pas ce qu'il y a au CDI, il faudrait qu'ils trouvent sans chercher."
Autrement dit, faire que leur œil voie (sans les regarder) des arguments pour s'arrêter.
Après deux mois de vacances, j'ai laissé infuser leurs remarques, et j'ai essayé d'en tenir compte :
- Faire visiter le CDI à TOUS les nouveaux (Segpa et sections sportives), et ouvrir le CDI un soir par semaine, quand les sportifs sont en étude avant de retourner à l'Internat
- Changement de toute la signalétique, plus sobre
- Moins d'objets de déco, moins de bazar (dur dur...). En juin, j'ai restructuré l'espace pour cacher les coins à bazar
- Affiches moins enfantines
- Bulletin d'info spécial 4e-3e distribué à chaque élève, avec des infos adaptées
- Club lecture adapté à cet âge : apéro-lecture, quelques midis seulement, avec des intervenants extérieurs
- Livres en étude et présentoirs : je fais attention à mettre des livres "pour grands"
- Travail scolaire autorisé désormais aussi aux 4e (en plus des 3e), pour éviter la rupture quand les séances régulières 6e et 5e cessent. Les quelques séances dans l'année ne suffisent pas à garder un lien.
- Nouveaux abonnements "attractifs" ... : One, Number One, Melody Times
- Aller piocher pour mes achats de romans du côté des lycées et lycées pro, et privilégier des couvertures plus "marchandes". Faire que leurs yeux s'arrêtent.
- Et insister davantage pour que les profs de 4e-3e viennent avec leurs élèves plus souvent

Bilan dans quelques mois...

Compétence 2 du B2i

Les séances que je fais en 5e sur la compétence 2 du B2i commencent à être bien rodés :
- rappel du règlement des ordinateurs du collège + quiz
- info rapide sur les droits d'auteur (citer ses sources) mais pas d'évaluation
- protection de la vie privée, les réseaux sociaux, la réputation en ligne (vidéos + quiz)
- dangers pour les ordinateurs : virus, spam, hoax (vidéos + quiz)
- droits d'auteur, et droit à l'image (2e phase d'info + quiz)

J'ai créé des outils de suivi pour pouvoir noter mes observations sur les élèves, afin de cocher les cases du LPC. Si le sujet vous intéresse vous pouvez piocher dans ces outils :

- Vidéos pour animer les discussions et aborder tous les sujets : http://www.scoop.it/u/cdi-mathurin-regnier 

- Quiz à faire passer : cette année, corriger tous les questionnaires en ligne de tout le monde a été un vrai supplice, bien trop gourmand en temps. J'ai donc tout transformé en quiz hot pot, avec des résultats qui s’affichent tout de suite, et des erreurs que je peux corriger avec les élèves en temps réel. L'objectif n'est pas tellement de vérifier leurs connaissances, mais de les faire s'interroger sur ces sujets. Cela complète bien les discussions que l'on a à l'oral suite aux vidéos et aux questions. (http://www.netvibes.com/cdimathurin#Documents_de_travail)

- Exposés à l'oral + questions individuelles : testé à la fin de l'année, ces exposés ont été une réussite. Ils ont permis de faire un bilan, et de véritablement vérifier si les infos étaient bien passées. La formule émission de télévision avec interview par un journaliste a très bien fonctionné. Voici le déroulement de cette séance bilan.

vendredi 21 juin 2013

Suivi des compétences du socle

J'ai essayé cette année d'élaborer un outil de suivi pour noter mes observations sur les compétences des élèves (cf items du socle commun). Après beaucoup d'essais et de tâtonnements, j'ai arrêté mon choix à un double système : une feuille collective qui me permettra d'avoir sous les yeux tous les élèves, associée à une feuille individuelle  (conservée dans un classeur après les feuilles collectives, ou carrément ailleurs, je n'ai pas encore décidé). L'an prochain, ces fiches seront dans un classeur, mais je commence à regarder du côté des tablettes, pour voir s'il en existe une qui pourrait me permettre d'avoir ces fichiers sous forme numérique.



Fiche collective 6e
Fiche collective 5e

Lorsque je serai avec les classes entières de 6e, ou les demi-groupes de 5e, j'aurai sous les yeux mon classeur avec toutes les photos des élèves (sur deux ou trois pages), avec les compétences à observer en colonnes.

La feuille individuelle permettra de noter en fin de 6e les acquis repérés sur la feuille collective (acquis qui seront également notés dans le LPC), idem en fin de 5e, et éventuellement sur les deux autres niveaux.
Feuille individuelle de suivi
Cette feuille individuelle permettra également de noter mes observations suite à la fréquentation du CDI en dehors des séances ou pendant des clubs : développement durable, sensibilité littéraire, implication dans des projets collectifs. Ainsi, en fin de collège, je pourrai fournir aux PP de 3e une liste des compétences observées. Et si d’aventure le LPC disparaissait, je n'aurai rien perdu.


L'élaborer m'a obligée à tenir compte des compétences du socle dans ma progression, à prendre davantage conscience des compétences mises en œuvre pendant mes séances.


Tous les objectifs documentaires
Voici le tableau que j'ai rédigé avec la synthèse de toutes les compétences documentaires mises en œuvre en 6e et 5e. Je le distribuerai dans les dossiers de rentrée des collègues.

En 6e, les élèves auront toujours leur dossier individuel avec le détail des activités (voici celui de l'an dernier, celui prévu l'an prochain n’est pas terminé), mais les 5e n'en auront plus, c'est moi qui conserverait leurs fiches dans mon classeur, elles ne seront plus distribuées en début de séance.

Maintenant que j'ai décidé de ne plus toucher à ces tableaux, je vais pouvoir les imprimer, coller dessus les photos, reporter les compétences observées cette année en 6e et 5e, remplir le LPC... et ranger mes piles...

vendredi 7 juin 2013

Un bac à albums à hauteur d'ado

Suite à notre participation cette année au projet 123 albums, j'ai réalisé que mettre les albums dans un "bac à albums" traditionnel (autrement dit au ras du sol, parce que adapté aux petits) n'est pas la solution la plus efficace pour faire passer le message : "Ados, vous pouvez lire des albums" !
Le tout nouveau bac à albums, pas encore décoré.

J'ai donc acheté un 3e bac à BD et j'ai mis les albums dedans.

J'ai ensuite recyclé le fameux "bac à albums" en bac à BD pour les séries, ce qui du coup a permis d'alléger les deux autres bacs à roulettes qui commençaient à être vraiment pleins.
Pour aller chercher Cédric, Lou, ou Tom Tom et Nana, les élèves seront toujours prêts à se plier en quatre !
Le bac à albums recyclé en bac BD (séries)

jeudi 6 juin 2013

Ceci est du bazar !


Toute l'année, mes piles de livres non couverts ou à enregistrer se sont retrouvés sur les tables des élèves, par manque de place et de temps pour tout faire. Du coup, les élèves ne pouvaient pas trop savoir si c'était une table thématique pour eux, ou la table de bazar de la prof. Dans le doute, en général, ils n'y touchent pas.

Les livres sur présentoirs et les nouveautés peuvent être empruntées, ce n'est pas de la déco.

Le dernier numéro des magazines est à lire sur place, les autres sont sous les volets en plastique qui se soulèvent, et peuvent être empruntés.

 Ces codes implicites sont-ils clairs pour les élèves ?

J'avais déjà des pancartes "Vous pouvez les emprunter". J'ai décidé de créer des étiquettes pour mettre sur mes piles de bazar. Et j'ai rajouté des bulles de couleur "Dernier numéro reçu" au-dessus des magazines.

Du papier noir ardoise autocollant collé sur des planches
de bois, et des vraies craies pour changer les messages.

Crayon spécial craie qui ne s'efface pas,
pour les messages laissés à l'année.


Essai de clarification
Ancien système



Je pensais pouvoir me féliciter : maintenant, tout est clair !!

Et puis la semaine dernière, un élève de 6e m'a demandé innocemment: "Madame, c'est vous qui récupérez les affaires perdues ?"
Juste derrière lui, un élève de 3e un peu inquiet attendait : "J'ai le droit de venir travailler l'HIDA au CDI en dernière heure ? Parce que je suis externe, et je n'ai pas l'adhésion FSE !"

Les bras m'en sont un peu tombés. Je me doutais que les codes de rangement pouvaient être obscurs pour les élèves, mais il me semblait que le rôle du CDI, le mien, la différence entre l'étude, le CDI et le foyer, ça, c'était clair ! "100 fois sur le métier, remettez votre ouvrage" comme dit La Fontaine...

Réflexe : un problème ? cherchons une solution ! Comment donc clarifier davantage mon rôle ? Technique de l'autruche spéciale fin d'année : afin de ne pas finir l'année démoralisée, je vais faire semblant de penser que l’expliquer 10 fois en début de 6e, puis faire des séances pédagogiques avec toutes les classes pendant 4 ans devrait suffire pour le plus grand nombre... Ils m'appellent la prof du CDI, que diable, il doit bien y avoir une raison ! Peut-être qu'il faut juste que je décoche des compétences pour ces deux élèves : autonomes (7) ? manifestent de la curiosité et de l’intérêt (5) ?
Ouf, sauvée, je vais pouvoir me consacrer à essayer de faire diminuer la hauteur de mes piles...

samedi 1 juin 2013

"Madame, vous en avez un autre comme ça ?"

Hier, un élève m'a posé cette question. Je me suis demandé si l'on pouvait résumer nos objectifs dans les projets lecture par "donner envie à un élève d'ouvrir un 2e livre, juste après en avoir terminé un". Et si ce raccourci fonctionne, alors pour savoir quelles actions ont le plus de chance de fonctionner, on peut se demander ce qui fait qu'un livre nous donne envie d'en reprendre un autre.

Couverture de livre

Qu'est-ce qui fait qu'on reprend un livre, juste après en avoir terminé un ?
- on a ri, on a pleuré, on a été bousculé, on a appris des choses : on a eu du plaisir à ressentir ces émotions, et on en veux encore !
- on a vécu une aventure qui nous a fait tout oublier, et on a hâte de retrouver cette sensation d'évasion
- on a déjà un autre livre à la maison, il n'y a qu'à tendre la main
- on sait où l'on peut en trouver, on ira demain.

Qu'est-ce qui fait qu'après avoir fermé un livre, on n'a pas envie d'en commencer un autre ?  
- il nous a ennuyé, on ne lui a trouvé aucun intérêt
- il était trop difficile, le vocabulaire était trop éloigné de notre vocabulaire familier, l'intrigue était trop difficile à suivre : pas envie de revivre ces difficultés
- on l'a lu parce qu'on était obligé, mais là, maintenant, on préfère faire autre chose
- on n'en a pas d'autres sous la main, d'ailleurs on ne sait pas trop où aller en chercher, alors tant pis

Pas besoin de mettre en place des machines à gaz pédagogiques. De toute façon, si vous voulez durer, ménagez-vous ! Des petits gestes simples et renouvelés feront l'affaire.
Nos collègues de lettres se chargent de leur donner les clés de notre langue, les clés de l'écriture. De notre côté, montrons-leur à quoi tous ces efforts servent, lisons-leur des beaux textes courts, de la poésie, donnons-leur les clés des lieux de lecture pour les rendre autonomes, montrons-leur la diversité des écrits, multiplions les occasions de vivre des expériences de lecture réussies, celles qui leur feront dire : "Vous en avez un autre comme ça ?".

A la veille des vacances, et après une année bien remplie, j'avais envie de simplification. Je range mon bureau, mes idées. Alors, que la solution pour les faire lire ne soit pas si simple... on verra ça plus tard. Pour l'instant, je laisse décanter. Et je savoure tous les beaux souvenirs de l'année. Comme cet élève de 6e à qui on explique que des personnes sont venues lire avec eux des albums, et qui s'exclame : "Moi, je veux la grand-mère."
Quel beau métier !

vendredi 26 avril 2013

Participation au site "Docs pour Docs"

J'ai proposé des articles sur la lecture sur le site Docs pour Docs.
J'y parle des clubs (surtout lecture, mais pas seulement), et de la différenciation pédagogique qu'on peut appliquer aux projets lecture faits avec les collègues de lettres.
Un 3e va venir, sur les projets lecture qu'on peut faire seuls (en dehors d'une collaboration avec les profs de lettres).

Mettre ces thèmes noir sur blanc m'a permis de faire la synthèse de toutes mes observations de l'année. Une année riche à tous points de vue ; il est certain que tenir régulièrement ce blog m'a aidée à avoir un regard différent sur ma pratique, à faire les choses un peu moins à la "Jourdain", au feeling, et m'a obligée à davantage de recul.

vendredi 19 avril 2013

Portait robot de mes élèves

Suite à l'enquête-lecture que j'ai fait passer (cf billet précédent) j'ai classé mes élèves en trois catégories de lecteurs-loisir. C'est évidemment caricatural, mais ça m'a aidé à y voir un peu plus clair. Si vous avez des élèves qui ne rentrent pas dans les cases, c'est normal... Les frontières entre les catégories sont floues, et un enfant peut en changer souvent.
Pour chaque catégorie de lecteurs, je me suis demandé comment ils vivent les projets que je mets en place, et quelles actions pouvaient finalement avoir le plus d'effets positifs sur leurs lectures. Et bien vous serez surpris de découvrir que les projets lecture ne servent peut-être à rien... C'est fou, non ?


1- Avec les lecteurs solides et réguliers, pas de lézard ?
Couverture de livre
Quels sont les projets préférés de nos gros lecteurs ?

Qui sont-ils ? Ce sont des lecteurs qui aiment plusieurs genres, ils lisent régulièrement. Ils fréquentent une bibliothèque, pour emprunter ou pour lire sur place. Ils viennent parfois au CDI en plus, mais pas toujours.
Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est qu'ils ont 50 % de risque de devenir lecteurs-fragiles au cours de leurs 4 années au collège, de ne plus prendre le temps de lire, et d’oublier même qu'ils aimaient ça.

Effet des projets lecture sur eux :
Ils n'aiment pas tous ça ! Ils ont en général déjà un roman à lire sur leur table de chevet, et leur en imposer un autre les ennuie. Ils se trouvent bien assez grands pour choisir eux-même leurs lectures.
Parfois, ils aiment bien découvrir autre chose, et être forcés de changer de style, mais pas toujours. A nous de les convaincre qu'il est intéressant pour eux de découvrir d'autres genres littéraires.

Notre mission :
Maintenons solides leurs habitudes. 
Assurons-nous par exemple qu'ils connaissent tous le chemin d'une bibliothèque, qu'ils en connaissent les codes (les classements, on peut réserver, on peut proposer un achat, on peut demander un conseil, il vaut mieux parler tout bas...).
Forçons-les à découvrir tous les genres possibles, élargissons leurs goûts.
Achetons les nouveautés à la mode, celles qu'ils ont repérées en librairie, et qui pourront ensuite bénéficier du bouche à oreille.
Assurons-nous aussi que la lecture n'est pas une fuite devant l' « autre » ! Créons des projets lecture pour leur faire rencontrer des « pairs ». Evitons-leur l'isolement et la difficulté d'aller vers les autres de leur âge, en proposant des clubs où ils se retrouvent « entre lecteurs » mais dans la communication, la parole et l'échange.


2- Avec les lecteurs fragiles, faisons le moustique pour faire mouche !
Couverture de livre

Qui sont-ils ? Ils disent lire un peu, le plus souvent assez peu de genres différents, voire un seul genre. Ils ne fréquentent pas de bibliothèque. S'ils viennent au CDI, c'est pour lire sur place, mais ils n'empruntent pas souvent. Si on ne leur met pas de romans sous le nez, ils n'en lisent pas. En grandissant, si personne n'est en mesure de leur conseiller des lectures adaptée à leur âge, ils se tournent vers d’autres loisirs.
 Ils sont parfois en difficulté technique face à l'écrit (ne se souviennent pas le lendemain de l'histoire commencée la veille, butent sur beaucoup trop de mots de vocabulaire pour que ce soit un plaisir). En grandissant, les livres « pour leur âge » deviennent donc trop difficiles, ils abandonnent.
Si au contraire la confiance vient, s'ils découvrent un genre qui leur va bien, si des habitudes en bibliothèque se créent, s'ils font partie d'un réseau de copains qui se passent des livres, s'ils réalisent enfin que lire ce n'est pas que pour les autres, ils peuvent devenir des lecteurs solides.

Effet des projets lecture sur eux :
Les projets avec un ou plusieurs livres imposés ne leur conviennent pas du tout ! S'ils ne les aiment pas, ils ne liront pas davantage pour autant par la suite. Et si le livre leur a plu, il est fort possible que tout le tralala mis en place autour ne leur plaise pas plus que ça... Donner son avis, parler devant les autres, écrire, argumenter, c'est pas leur truc, et s'ils ont été en réussite dans la lecture, ils seront à nouveau en difficulté dans le prolongement de la lecture.
Le projet peut avoir le mérite de leur faire lire UN livre, alors autant faire en sorte qu'il leur plaise !!!

Notre mission :
En multipliant les occasions de mieux les connaître au fur et à mesure qu'ils grandissent, nous pouvons faire des conseils de lecture personnalisés. Quand ils viennent en 3e, on peut ainsi poser devant eux LE livre qui va leur aller, et ils nous font confiance. Évidemment, il faut connaître les livres ET les élèves, le bluff ne marche pas. Si on se rate, on perd le lecteur.
Il faut multiplier les occasions de les faire venir au CDI pour des courts projets, qui ne dépassent pas l'heure.
Laissons-leur du temps sur place pour commencer un roman, et donnons-leur le choix d'emprunter ou pas. Cela les décrispe, et finalement, beaucoup empruntent. Insistons auprès de nos collègues pour proposer de temps en temps d’autres types de fiction : BD, albums, mangas...
Profitons aussi d’avoir des séances hebdomadaires en 6e et 5e (c'est mon cas) pour intégrer des lectures sur place au sein des activités documentaires, pour leur faire découvrir des genres, des types de lecture :
- en 6e, on choisit un poème pour le mettre en page (traitement de texte, insertion d'un logo commun enregistré sur le serveur, format paysage, changement de marges, deux colonnes) pour en faire des marque-pages pour le Printemps des poètes
- travail sur la presse : mettons-leur sous le nez les magazines qu'ils ne prennent pas le temps de découvrir
- faisons-leur lire des Petites poches avant de leur demander un exposé et des recherches Internet sur l’auteur, le thème...
Faisons ainsi le moustique : tournons-leur autour, mais pas longtemps à chaque fois. On finira bien par les piquer, et faire mouche !


3- Avec les non-lecteurs, faisons l'autruche !
Couverture de livre
N'ayons l'air de rien...

Qui sont-ils ? Avec eux, c'est simple : ils n’aiment pas lire, et ils le disent. Ils ne vont jamais ni à la bibliothèque, ni au CDI. Les livres, c'est pas pour eux !

Effet des projets lecture sur eux : a priori, aucun ! De toute façon, ce sont des élèves qui n'aiment pas perdre la face, ils n’avouerons donc pas facilement qu'une activité scolaire liée à la lecture leur a plu ! Les projets lecture ne sont pas d'une grande utilité pour eux s'ils sont obligés de lire un livre qu'ils ne comprennent pas, ou qui leur tombe des mains. Ils vont être au contraire renforcés dans leur rejet : « Je vous l'avais bien dit, c'est pas pour moi la lecture ».
Parfois aussi, ce sont des faux non-lecteurs. On rencontre des épidermiques « moi j'aime pas lire », parfois très bons élèves, qui vous racontent le dernier roman, manga ou BD lus. En réponse à votre point d'interrogation au dessus de la tête, ils précisent «  ah, celui-là, c'est pas pareil, j'aime bien ». Peut-être faudra-t-il les aider à changer définitivement d’image d'eux-même ?

Notre mission :
Ils font la grimace quand on annonce une présentation de livre, ou un temps de lecture libre ? Passez outre. Faites-les lire malgré eux, mais sur place au CDI, pas chez eux : « c'est pas grave si tu n'aimes pas, c'est pas obligé d'aimer, mais c'est obligé de lire ». Et surtout, ne fanfaronnez pas si vous les voyez plongés dans leur bouquin : « Tu vois, je te l'avais bien dit, que j'arriverai à te faire lire ». Restez sobres et détachés, cachez votre joie. Elle peut de toute façon être de courte durée, soyons humble.
Parfois ils n'aiment pas non plus les histoires racontées à voix haute, mais le plus souvent, si ! Alors lisons à haute voix, des contes, des nouvelles, des extraits. Mais lisons bien !! Quitte à prendre des cours, s’entraîner.
Ou alors ne lisons pas, mais faisons-les mettre en voix, mettre en scène, en vidéo...
Et puis n'oublions pas les livres documentaires, les histoires vraies (très demandées par les filles), les albums, les thèmes porteurs (le foot...), les BD, les mangas.


Et si c'était donc beaucoup plus simple qu'on ne le pensait, de les faire lire ???
Sur ce, je vais me recoucher... avec un bon bouquin... c'est les vacances, après tout, il faut que je fasse une pause  !!

Enquête-lecture de mars 2013 : finalement, ils aiment lire !

J'ai fait passer à tous les élèves du collège (hors Segpa) une enquête pour connaitre leurs habitudes de lecture et de fréquentation des bibliothèques et du CDI. Les résultats m'ont beaucoup étonnée, j'en ai été toute ragaillardie, mais je me pose du coup la question de la pertinence de certains projets.


Et si c'était faux ?
17 % de mes élèves ne lisent jamais, disent ne pas aimer ça, tous niveaux confondus. C'est beaucoup ? Je préfère regarder le verre à ¾ plein : 83 % ont donc des habitudes de lecture plus ou moins solides, et 60 % des élèves peuvent même être considérés comme des lecteurs « solides ». C'est beaucoup plus que la moyenne des français, et plus que je ne le pensais. Finalement, ils aiment lire !!

Évidemment, les 6e lisent davantage que les 3e, mais ne sont pas nécessairement plus nombreux à aimer lire ! On conserve en effet la même quantité d'élèves lecteurs sur les quatre années. Ce qui évolue, c'est la proportion de lecteurs plus occasionnels. Ils se fragilisent au fil des années : ils lisent moins, et moins de genres différents. Il y a même une chute phénoménale de fréquentation des bibliothèques : on passe de 60 % en 6e qui empruntent à la bibliothèque à 30 %, et de 56 à 17 pour ceux qui empruntent au CDI.
Cela fait donc réfléchir sur les moyens à mettre en place pour les faire lire : ils prennent moins de temps pour lire ou aller dans des lieux de lecture, mais disent finalement toujours aimer ça.


Je m'attendais à ce que les filles lisent plus que les garçons, mais pas à ce que l'écart soit finalement assez faible : 50 % des garçons du collège lisent régulièrement.

Je ne m'attendais pas du tout à ce que ce soit les externes qui aillent davantage à la bibliothèque que les demi-pensionnaires. Du coup, les activités proposées le midi et la politique d'ouverture du CDI le midi prennent davantage d’importance que celle que je leur donnais.

45 % des élèves aiment les romans. Ils sont d'ailleurs plus nombreux que les lecteurs de mangas. Et j'ai découvert que les 3e non-lecteurs de romans voient finalement d'un assez bon œil qu'on les oblige à lire pour leur plaisir...



Mon nouveau défi : faire en sorte que la proportion d'élèves qui se fragilise diminue, et je prépare pour un prochain billet mon plan de bataille.

Avant de critiquer nos élèves sur leur manque d'habitudes de lecture, je vous propose comme moi de vous poser ces trois questions :

1- Nous, pourquoi on lit ? Sans notre métier de professeur-documentaliste et nos piles de romans jeunesse au pied de nos lits, on lirait quoi ? Si nous étions dans leurs baskets 2013 d'élèves de collège, quel type de lecteur serions-nous ?

2- Et eux, est-ce qu'on les connaît vraiment ? A-t-on pris le temps de leur demander individuellement ce qu'ils lisent, s'ils vont à la bibliothèque, s'ils y vont pour lire sur place ou pour emprunter ? Est-ce que les non-lecteurs de romans nous en veulent de les obliger à lire « pour le plaisir » de temps en temps, ou nous en sont-ils reconnaissants ?

3- Et s'est-on suffisamment penchés sur la difficulté et la nature des missions de nos collègues de lettres, avant de regretter parfois le manque de projets en collaboration ?


De quoi occuper vos vacances...