vendredi 13 mai 2016

Tableau de compétences EMI telles qu'elles apparaissent dans les programmes (c'est bien sérieux, ça, comme titre !)

Après les possibilités concrètes d’intervention du profdoc à la rentrée 2016, une fois supprimées les fameuses "heures CDI" (cf message précédent), voici la suite des documents que je diffuse au compte-goutte au collège.


Je n'ai trouvé nulle part d'affichette simple pour présenter tous les fameux parcours. Pourtant, il va bien falloir que les élèves visualisent leur existence.
Alors j'ai créé ça, en reprenant des logos plus ou moins officiels. En attendant mieux. Je sais que la mode est aux infographies, mais un petit libre office dessin, c’est pratique aussi !


J'ai modifié un tableau de compétences EMI qu'on nous a diffusé en formation. J'ai essayé de le simplifier, afin de ne pas faire trop peur à mes collègues. Je trouve que c'est déjà assez impressionnant quand on découvre cet univers merveilleux ! Et je trouve que finalement, ce que je fais avec les élèves est totalement dans ce tableau, pas besoin de m'appeler autrement qu'EMI, ça colle assez bien. Il faut "juste" rajouter les dimensions culturelles (lecture, art) et les éléments "liberté, collaboratif, ouverture" et on a le prof-doc.

Voici le tableau dans une version modifiable, avec une colonne prévue pour indiquer ce qu'on a prévu de faire. J'ai grisé des trucs qui ne me semblent pas indispensables à envisager.

A venir, ce même tableau avec les "micro-projets progressifs sur les cycles" que je suis en train de planifier avec mes collègues. Je suis aux anges (et soulagée...), ça se boutique bien, ils sont partants, demandeurs et je me demande bien pourquoi je n'ai pas fait la tournée des popotes avant !
J'ai aussi rédigé un document d'accompagnement de la recherche documentaire, pour baliser les choses.

Allez, week-end !

dimanche 1 mai 2016

Des solutions pour voir la rentrée 2016 en rose (Le sursaut version 2)

Des solutions se précisent.

Avançons avec le sourire !
Je suis persuadée que si les collègues sont briffés par leurs inspecteurs (et pour l’instant, ils ne le sont pas !!), cela ne peut qu'être mieux pour nous et pour les élèves. Si cela ne marche pas, cela ne sera pas de notre faute. Et là, on m'entendra râler !!!
Mais je veux encore croire qu'avec la complicité, l’implication et la compréhension de tous, travailler mieux reste possible. Cela fait tellement longtemps que j’attends de pouvoir travailler comme ça !
Cela pourrait enfin être chose faite, grâce notamment au référentiel de progression rédigé dans l'académie, présenté en formation, et sur lequel nous allons pouvoir nous appuyer pour mettre en place l'EMI. J'avais finalement baissé les bras trop tôt, je me rends compte que beaucoup de mes collègues sont partants.

Cela fait des années qu'on regrette côté profdoc de ne pas avoir davantage de collaborations et de progressivité. On ne va quand-même pas demander à continuer à pouvoir travailler seul ?? 

Pourquoi demander à tout prix
à continuer à travailler seuls ?
C'est paradoxal, à l'heure où tout le monde se met à travailler ensemble, plus ou moins volontairement. Profitons de la fête ! Et tant pis si certaines notions passent à l'as. Les priorités, c’est que les élèves cherchent, lisent, comprennent, viennent au CDI, aillent à la bibli, travaillent en groupe, utilisent des outils numériques. Pas qu'ils puissent définir fiabilité et data center. Et n'oublions pas la culture et la lecture, il n'y a pas que l'EMI dans la vie.
Pour ma part, je vais proposer à mes collègues une progression basée sur quelques projets simples et carrés renouvelés chaque année, en m'appuyant sur quelques disciplines, différentes selon le niveau. D'autres pourront s'y rajouter, à condition qu'ils respectent la progressivité retenue, et je serai amenée à refuser de participer à des projets si j'estime qu'ils sont incohérents du point de vue info-doc-com. J'ai peur que ce soit le cas de beaucoup d'EPI, par exemple. Les collègues les envisagent sans connexion avec les apprentissages préalables de ces compétences. On verra bien, il faut qu'ils fassent des essais de leur côté, et on ajustera dans le temps. A moi de garder une trace de tout ce que je vais entendre : « ils ne savent pas faire ceci, ils sont perdus dans »...

Il faut aussi réfléchir à la pérennité de notre intégrité mentale ! 

Attention au burn-out !
J'étais habituée à gérer deux activités différentes par semaine, pour passer des notions bien précises et progressives, avec une préparation et des documents à prévoir identiques (6e, 5e). De temps à autre se greffait un autre projet, qui pouvait se permettre de demander une autre logistique. Si je perd ces deux activités de base auto-gérées, et si je demande aux collègues «Et en 6A, qu'est-ce qui te tenterait ? », je vais me retrouver soit avec des dizaines de projets différents à gérer, soit avec rien ! Dans les deux cas, mon cerveau va exploser. L'idée d'une démarche simple et unique de RD, et d'une harmonisation des projets sur les niveaux me semble donc médicalement indispensable.



Il faudra que je présente cette progression en Conseil pédago, en pléniaire. Il faudra qu'elle reçoive l'agrément des collègues. 

Faudra-t-il que je pleure ??
Si les inspecteurs ne leur disent pas que l'EMI est dans leurs programmes et ne leur demandent pas des comptes, cela risque d'être difficile pour des nouveaux collègues profdoc. J'espère que de mon côté cela se passera bien, même si je suis loin d'être assurée que la collectivité estimera importante une coordination/harmonisation sur ces compétences info-doc-com.

Je vais rédiger des documents les plus simples possibles, pour ne pas rajouter de la complexité à la complexité. Je mettrai tous ces documents sur un padlet dans esidoc, à la manière des bac à sable des formations. Je vais m'appuyer sur le terme EMI, le seul présent officiellement dans les programmes.



A venir : un tableau avec les compétences EMI de tous les programmes (merci les formateurs), une harmonisation de la démarche de RD (pour ne pas se noyer), une progression des outils et des notions (pour ne pas perdre les élèves), une proposition de répartition des tâches entre profdis et profdoc (pour ne pas perdre notre âme).

Mais pour l'heure, voici mes solutions pratiques, concrètes et pas utopiques pour travailler AVEC les collègues et pas tout seul, et s'impliquer nous aussi dans la réforme.



Changer de cadre grâce à la réforme, c'est chouette !
(Je ne sais pas si j'arrive à faire croire que je suis zen...)


Cadres d’intervention (partant du principe que les heures-CDI
sur heures d'étude sont désormais impossibles)


1- Heures de cours des collègues

- Quelques recherches documentaires SIMPLES prévues d'une année sur l'autre : Français 6e, un autre 6e souhaitable, Langues 5e 4e, SVT
- Quelques recherches documentaires COMPLEXES (avec production finale) prévues d'une année sur l'autre : EMC 6e 5e 4e, Langues 5e 4e, SVT
- Compte-rendus scientifiques pour faire utiliser des outils numériques, progression sur le cycle 4
- Recherche documentaire supplémentaire selon le souhait ponctuel des collègues (si ce projet respecte la progression, le profdoc peut s'associer)

2- Heures de Vie de classe

(Quelque soit le cycle, il est indiqué dans les textes « un minimum de 10h par an », sans mention de maximum. On pourrait donc faire inscrire l'heure à l'année, le PP prenant en charge certaines des heures de semaine A, les heures de semaine B étant notées « Selon projets »)
- En 6e, de septembre à la Toussaint, pour l’initiation CDI (classe entière, une semaine sur deux, ce qui n'est pas idéal, mais mieux que rien). Pourrait être consacré à la découverte des règles de fonctionnement du CDI, ses règles de vie. Doit être associé à des heures avec un enseignant (cf point précédent) pour les outils de recherche et les notions info-doc à passer en 6e (Domaine 2 du socle, méthodes et outils pour apprendre)
- Projets ponctuels avec l’infirmière, CPE, l'AS : harcèlement, réseaux sociaux, santé... (Parcours éducatif de santé)
- 3e si le PP veut qu'ils viennent travailler sur les métiers, rédiger leur dossier de stage... (Parcours avenir)

3- Heures d'étude « réservée » pour l'avancement du travail personnel dans le cadre d'un projet

(cf domaine 2 du socle, organisation du travail personnel)
- En parallèle d'un travail de recherche et/ou de mise en forme multimédia, prévoir des heures d'étude où le CDI est réservé à l'avance à la classe. Les élèves prévenus peuvent en profiter et avancer leurs recherches, leurs lecture, les enregistrements, la mise en page... Cela pourrait compenser les heures-CDI qui étaient jusqu'ici prises pour avancer un projet commencé en classe.

4- Périscolaire : étude, clubs (sur la base du volontariat)

- coach numérique (Parcours citoyen + domaine 2 du socle)
- sortie à la bibliothèque, rencontre avec un libraire (Parcours artistique et culturel)
- activité poésie, débat autour de livres avec l'infirmière... (Parcours artistique et culturel)

5- Journées à thèmes, à la manière d'une sortie scolaire ou d'un intervenant extérieur

(si on n'arrive pas à décider nos collègues sur les projets à caractère culturel ou médias, et qu'on ne veut pas sacrifier trop de projets et de partenariats qui avaient lieu depuis longtemps)
- Sortie à la bibliothèque, rencontre avec un libraire, un illustrateur... associé à la réalisation d'un exposé
- Journée autour des médias lors de la semaine de la presse
- Journée de rencontre autour de la lecture de livres, d'albums, de poésie, avec des bénévoles, associé à un travail d'exposé à l'oral (présenté aux bénévoles)


samedi 23 avril 2016

De toutes les couleurs

En deux jours de stage sur la réforme du collège, menés de main de maître par des collègues qui nous avaient préparé des tas de situations d'échanges et de réflexions sur tous les aspects de la réforme, je suis passée par toutes les couleurs.

Vert un peu pâle en arrivant, parce qu'un peu inquiète de ce qu'on allait nous dire, mais espérant quand-même quelques bonnes nouvelles.
Blanche le midi, après les mauvaises nouvelles ! (Oubliez le "sursaut" et autres solutions de survie, point de salut en dehors des cours des collègues, et aucun moyen de transiger).
Et à nouveau vert, virant au vert pomme fluo en fin de stage ! Si si ! Quand je vous dis que je suis un vrai bidibulle !
En bleu, la réforme !
Mais pour les solutions, il va falloir attendre un peu...
Que les autres stages aient lieu, pour permettre aux collègues des autres sessions de passer eux-aussi par toutes ces couleurs, y'a pas de raisons. Et que je fasse décanter tout ça avant de formaliser les idées. Pas question cette fois de donner des idées infaisables, je veux présenter du définitif pour préparer la rentrée.

mercredi 13 avril 2016

En faire le moins possible est plus pédagogique !

J'ai en projet une recherche en EMC avec une collègue et deux classes de 4e, sur le thème des libertés. L'idée est de faire utiliser deux outils collaboratifs aux élèves : framapad pour créer un document de collecte, et padlet pour la mise au propre finale de la recherche.
J'ai déjà testé avec un autre collègue et deux autres classes, et on a listé tout ce qui ne marchait pas.
Je ferai un article sur la nouvelle version, quand elle aura eu lieu.

Dors et déjà, mon travail préparatoire consistait à créer les framapad et les murs padlet, pour pouvoir mettre à dispo les URL. Inutile de vous dire que je traînais pour créer 6 thèmes par deux classes par deux outils, soit 24 documents.
Et bien j'ai bien fait de traîner ! Je me suis dit que quelqu'un avait sans doute trouvé une idée lumineuse pour me faire gagner du temps, et la solution que j'ai trouvée est tout simplement géniale !!

J'ai juste à créer deux adresses sur le site de La poste, et c'est tout !!

L'astuce tient en la création d'une adresse Laposte par classe (qu'on garde précieusement pour les autres projets et les autres années), et d'un document sommaire qu'on crée AVEC la classe, au vidéo-projecteur, pour leur montrer la démarche. Ensuite chaque groupe est chargé de créer son document de groupe, et d'aller coller l'URL sur le sommaire créé ensemble. Comme ça, ils sont autonomes.
Rien à faire avant, sauf l'adresse pour padlet !!

Tout est là :
http://www.cndp.fr/crdp-orleans-tours/fileadmin/user_upload/Atelier_18/general18/scenario_usage/Des_murs_Padlet_au_service_d_une_realisation_de_classe.pdf


mercredi 6 avril 2016

3C, terrain gliCCCant

On ré-entend parler du 3C comme un risque qui plane sur les CDI et les prof-doc, dans le contexte traumatique de la réforme 2016. Je ne me réjouirai jamais assez d'avoir anticipé il y a deux ans ce vent mauvais en montant un CCC à notre sauce avec ma collègue-copine CPE. J'ai déjà présenté les débuts et les bilans sur ce blog.

"Aie confianCCCe !" Le 3C, un piège ?
Je suis étonnée de voir que personne ne donne au vademecum une autre interprétation que celle de transformer les CDI en CCC, ce qui est proprement inacceptable et injurieux pour les prof-doc qui n'ont de cesse de modifier le lieu en fonction des changements de façon de travailler, lire, induits par les NT ou tout simplement l'évolution de la société. Je me souviens avoir réagi sur un blog qui appelait les "bons vieux CDI" à enfin s'adapter. J'avais été choquée que ce soit une future collègue qui parle ainsi de mon travail, et j'avais été accusée dans un autre commentaire de manquer de tolérance envers cette nouvelle collègue pleine d'enthousiasme !!
Rappelons que le vademecum n'est pas un texte de loi, et qu'on nous indique qu'il est à adapter aux réalités locales. Alors adaptons !

Ma position par rapport au 3C est tout à fait claire : quand le prof-doc a fait son travail correctement, il n'a rien à changer au niveau du CDI, par contre, sauf respect pour nos collègues CPE, il y a souvent du boulot en étude !
C'est d'ailleurs ce que pointe le vademecum à la page 4 : "dépasser les salles de permanences où rien ne se passe, les trous d’emplois du temps que l’on vit nécessairement dehors, le manque d’espace et de temps pour travailler dans l’établissement".
La vie scolaire n'arrive pas à ré-inventer les études ? 
Mais la conclusion n'est pas la bonne. Si les études ne fonctionnent pas bien, il faut modifier... les études ! Pas le CDI ! Et pas baisser les bras et confier les élèves en nombre supérieur au seul CDI, comme si hors du CDI, point de salut, point de lecture, point de culture, point de travail.
Les collègues qui se hérissent à l'idée que le ministère veuille proposer des journaux gratuits par wifi veulent donc un CDI transformé à lui seul en 3C. Pour ma part, je suis ravie qu'il y ait des livres, des ordi et le journal en étude.

Le problème, donc, c'est les études.
Or, tout le monde a à gagner à ce que les études fonctionnent mieux :
- les élèves, si les salles sont un peu moins "moches" et impersonnelles
- les élèves et le prof doc, s'il y a des ordinateurs ailleurs qu'au CDI, pour éviter l'afflux d'élèves au CDI uniquement parce qu'ils ont un truc à finir pour la techno, ou les élèves qui pleurnichent parce qu'il y a une classe au CDI et qu'ils vont se faire enguirlander s'ils n'impriment pas telle ou telle image
- les professeurs, si les élèves sont un peu plus motivés pour travailler parce qu'ils peuvent être aidés
- les surveillants, si les élèves sont plus calmes
- le prof doc, qui ne voient plus les élèves affluer parce qu'"au CDI, c'est calme".

Et ces changements-là n'ont pas besoin du CDI ni de bouleverser les espaces ! Ils ont par contre sans doute besoin du prof-doc, au moins au début, parce qu'on sait faire, qu'on a tout à y gagner, et qu'on fait partie d'une équipe. Mais dans cette équipe, il y a aussi les collègues de discipline, qui devraient être impliqués parce que mine de rien, ce sont eux qui demandent aux élèves de faire du travail.

A part la création d'une "salle d'oral" au CDI, je n'ai absolument rien changé à mon fonctionnement, mais je donne un coup de main et des idées du côté vie scolaire. Et on a vraiment clarifié et rendue explicite l’organisation matérielle sur les heures d'étude, pour que les élèves soient plus autonomes et rendus responsables. Je ne suis plus là pour pallier les manques de la vie scolaire : "il y a du bruit, on ne peut pas travailler à deux, on ne peut pas travailler sur ordinateur, je n'ai rien à faire je m'ennuie"...
J'essaie d'être à l'écoute des difficultés évoquées par les surveillants. Parce que bien que professeur dans les textes et dans l'âme, j'accueille des élèves de l'étude depuis 20 ans, et je sais comment ça se gère.
Sachez vous vendre, nous disent les IPR ?
"Moi, je suis en CDI, et je suis expert en études"...
Etudes de quoi ?
Je ne renie pas mon pied dans la vie scolaire, c'est 2/3 de mon temps. La différence avec un surveillant, c'est que quand je "fais étude", je le fais avec ma casquette et mon regard prof. Je dis souvent que tout est pédagogie, de la place du fauteuil au choix des mots dits à l'élève, en passant par les livres posés sur les tables, ou l'aide apportée (ou pas) à tel ou tel devant un ordi.

Voici quelques exemples qui ne viennent pas à l'idée des surveillants, parce que c'est de la pédagogie, de la psychologie, ou tout simplement du bon sens :
- Les surveillants ont repéré que les 3e externes qui demandent à rester travailler après leurs cours viennent surtout pour faire les zouaves avec les copains en étude de groupe. Du coup, les surveillants pètent un câble tous les soirs et ferment la salle pour tout le monde. J'ai proposé de les autoriser à rester (on ne peut pas leur refuser de venir travailler !) mais obligatoirement au CDI. Au début ils râlent et partent du collège, après ils râlent et viennent au CDI, et la semaine suivante ils ne se font plus prier. Cela les met à égalité des DP qui passent beaucoup plus de temps qu'eux au CDI, et moi, ça me fait très plaisir de les revoir.
- Les recettes gagnantes et règles utilisées au CDI sont parfois étendues aux études : pas plus de deux à une table ou autour d'une activité, jeux de stratégie la 2e demi-heure si tout s'est bien passé la 1ère. Cela donne une logique aux lieux disponibles sur les heures d'étude, et cela aide un peu les surveillants à gérer les études.
- Depuis peu, les salles d'étude sont décorées de travaux d’élèves. Je le fais avec des équipes d'élèves, en priorité les 5e Segpa (cela les aide du même coup à s'y sentir mieux) ou des élèves le midi. On fait une affiche pour présenter le nouveau thème, les livres sont choisis en conséquence, et bientôt, on prendra une photo pour le site et ils publieront tous seuls, la Ministre veut qu'ils publient, ils vont publier ! La salle d'étude devient leur salle d'étude.

Mais que vais-je faire de toutes ces casquettes ??
Me trouver une place légitime de "professeur de documents et d'autonomie", sans doute...
Par contre, quand le souci c'est "comment gérer 150 élèves qui ont étude en même temps", je suis comme tout le monde, je mange mes chapeaux ! 3C ou pas 3C, cela se termine en CCCitting sous le préau !

Alors évidemment, avec 200 ou 300 élèves de plus au collège dans 1 an...
Mais c'est le printemps, il fait beau, je ne vais pas me gâcher le début des vacances ! Bon courage aux deux zones qui travaillent encore.

samedi 2 avril 2016

Où est l'info ? D'où vient l'info ?

Je me suis servie d'un article de Libération vendredi en 5e, en demi-groupe, et je compte bien le faire avec tous mes groupes. C'était épatant ! Le groupe est assez faible, avec beaucoup d'élèves d'ULIS, mais ils étaient très intéressés et actifs.
L'activité dure une heure, et permet à la fois de faire des révisions de vocabulaire, d'attirer l'attention sur la quantité de pub présente sur les sites, et de leur faire pister une image.

Etape 1 : l'article vidéoprojeté

Je me sers de cet article, et je commence par montrer sa version en ligne au vidéoprojecteur :
http://www.liberation.fr/desintox/2016/03/22/comment-mieux-reperer-de-fausses-photos-et-videos_1441248

Un élève est à la souris, et doit montrer l'URL, le nom du site, le début de l'article, la fin de l'article. Quand on arrive à la fin de l'article, on voit que l'ascenseur n'est qu'à la moitié de la page.
On voit qu'il y a beaucoup d'éléments en plus, certains s'ouvrant d’ailleurs en cours de lecture de l'article, tout d'un coup. Publicité ?
On regarde en détail, et grâce aux adresses URL qui s'affichent en bas quand on passe la souris dessus, on voit si ce sont des conseils de lecture de Libération, ou de la publicité, des liens sponsorisés.
J'en profite pour mettre des jalons pour le phishing, qu'on abordera ensuite : regardez les liens avant de cliquer !

Capture d'écran du site en ligne : où commence l'article ?

Illustrations de pub ou information ?

Et tout en bas, vers quoi mènent les liens ? Qui sont les auteurs ?

Etape 2 : distribution des pdf photocopiés

Ensuite, je distribue les 5 pages du pdf, chaque élève a ses 5 pages.

Page 1 du pdf
Je leur fais repérer les différents éléments, et leur demande de les nommer : titre, sur-titre,  chapô, auteur, date de publication en ligne, sous-titres, légende des illustrations (cf activité de l'an dernier sur la presse en 6e).
On repère qu'il y a des liens à rallonge qui apparaissent visibles sur le pdf, alors qu'ils étaient en hyperlien sur le site (cf activité carte légendée).
Je leur demande ensuite de lire silencieusement pendant 10 minutes (sauf les liens !), peu importe s'ils ne vont pas au bout de l'article. Je fais de plus en plus de moments de lecture attentive, cela évite qu'ils passent leur temps à sautiller sur les pages. Il faut qu'ils assimilent qu'un article, qu'il soit sur papier ou en ligne, ça se lit, après avoir été un peu décortiqué visuellement.

Etape 3 : le pistage d'une illustration

Dans l'article, on donne des idées pour pister les images, alors je vidéoprojecte une illustration, et je les met au défi de trouver un maximum d’informations sur cette image : peint par qui ? Quand ? Qui est représenté ?
Qui sait comment on pourrait faire pour le savoir ? Deux élèves ont pensé à la recherche inversée de google citée dans l'article, et on a fait la démonstration en collectif.
J'ai eu de la chance avec ce groupe, on a même eu le temps de passer 15 minutes en salle info, ils avaient chacun un numéro d’illustration mystère à rechercher (cf activité tableaux sur les scientifiques que j'ai préparée pour le collègue de sciences, mais qui ne se fera peut-être pas, donc je rentabilise !).


Et l'an prochain ?

Les vacances, c'est bien, mais du coup, on a davantage de temps pour cogiter...
En repensant à cette séance, je me suis dit :
- que j'avais pu tout de suite réutiliser un article découvert dans la semaine grâce à ma veille
- que j'avais pu faire des rappels de séances précédentes, y compris de l'année dernière
- que j'allais décidément avoir du mal à aller au bout de ma décision d’arrêter les séances avec les 5e !...

Comment continuer à faire de la veille sans pouvoir rien en faire, sauf envoyer les liens à mes collègues, au cas où ça les intéresserait...
Comment supporter de ne plus être maître à bord de ma semaine, et au-delà, de mon cerveau ? De ne plus mettre en oeuvre les scénarios pédagogiques que j'ai mis en place tout au long de ces années de recherches, avec des rituels, des habitudes, une organisation rodée qui fait qu'on peut faire tout ça en une heure ?? Et avec ses improvisations, aussi, selon les questions des élèves, quand je sors des sites, vidéos, documents qui constituent ma boite à outils.
Mes collègues s'amusent de temps en temps avec moi, et on adore ça, travailler ensemble. Mais pour eux, c'est ponctuel, ils ont du temps à côté pour créer une relation avec leurs élèves. Est-ce que je vais réussir à gérer la perte de ce temps-là, pour ne faire que de la co-animation, surtout si c'est autour des idées de mes collègues ?
Bon, évidemment la réponse est non... Donc mon travail des vacances, c'est de faire le tri des priorités, et des sacrifices qui ne me coûteront pas trop, le tout pour travailler mieux, tant qu'à faire !
Ce soir, apéro pour fêter les vacances, et noyer mes incertitudes !

lundi 28 mars 2016

Boites vertes, Z et 5s : de la provoc ?

Est-ce provocation de ma part, de publier depuis quelques temps un billet pédagogique pour un billet "du quotidien" très pragmatique et a priori sans "valeur" face à l'enjeu gigantesque des thématiques EMI qu'on retrouve en ce moment dans toute la littérature prof-doc ?

A l'heure où tout le monde demande de toute part une redéfinition de notre statut, une reconnaissance de notre rôle pédagogique, je pense que j'avais besoin de réaffirmer que le côté pédagogique de notre métier passe à mon avis autant dans la disposition, le choix du matériel, la définition des règles, l'organisation, les "astuces toutes bêtes", que dans le contenu des séances purement info-doc et EMI. Sans oublier la lecture et l'ouverture culturelle.
Les prezi et autres padlet qui fleurissent parlent tous d'EMI, de veille, de complot, de numérique. De quoi fausser un peu le contenu visible de nos missions.

Je suis gestionnaire d'un lieu pédagogique, "une médiathèque laboratoire" organisée de manière à pouvoir mettre en place des séances pédagogiques autour de l'ouverture culturelle, la lecture, la maîtrise de l'environnement numérique. Et dans lequel les élèves peuvent poursuivre seuls leurs aventures documentaires et culturelles, en venant aux récrés, le midi, sur leurs heures d'étude, ou en fréquentant des études qui proposent les mêmes services.
Et je suis sacrément en colère quand on doute de ma qualité de prof ! 

Oui, je décide de la place des étagères, je décide des activités possibles et des règles de vie, je couvre et je range les livres, mais je parle aussi des data centers et des droits d’auteurs. Et la 1ère activité est la condition de la seconde !
Qu'on ne me demande pas de choisir entre le chocolat noir et le chocolat blanc !
Une boutique de Toulouse. Ils sont décidément très fort, à Toulouse !
Nous sommes attachés pour la plupart à la variété de notre métier, au fait que justement on ne fait pas un métier de prof classique. Mais alors que le métier de prof "classique" change, et tant mieux pour tout le monde, on voudrait finalement en adopter les anciennes caractéristiques. C'est assez ironique, et pas très logique.
On lit des choses très virulentes sur les listes de diffusion, comme si les réactions des uns et des autres étaient viscérales, vitales. Nous faisons un métier de passion. J'ai beaucoup de respect pour les deux "camps", même si je rejette absolument l’argument qu'on doit pouvoir faire ce qu'on veut, avec qui on veut, sur les sujets que l'on veut. Mon métier est de faire en sorte que tous les élèves aient un minimum de formation organisée à l'usage autonome du lieu et de ses outils. Et même si cela passe parfois par des voies détournées (contes, jeux), cela reste de la pédagogie et n'est pas fait au hasard.

Quand j'entends la ministre dire qu'elle va se pencher sur notre cas, j'ai envie de crier "non, non, c'est bon, c'est pas grave, on va se débrouiller..."
Cette reconnaissance institutionnelle tant demandée, et maintenant promise, loin de me rassurer, me fait peur, parce que je ne crois pas qu'on connaisse notre métier en profondeur.
Une bonne ou une mauvaise ?
J'ai bien peur que nos institutions ne perçoivent pas la complémentarité qu'il y a entre toutes nos missions, le visiblement pédagogique, et le visiblement de gestion. Vous voulez être détachés prof d'EMI avec un emploi du temps, pendant qu'un surveillant va prendre en main la gestion quotidienne du CDI ? Pas moi, et plus je réfléchis au métier, plus je me rends compte que ce qui fait la réussite de mes séances, c'est cette complémentarité entre les "cours" et les moments de vie en autonomie dans le lieu. Le défi est d’articuler les deux, et nous sommes les seuls à avoir cette vision d'ensemble (bon, s'ils veulent doubler les postes de prof-doc, je veux bien, mais soyons réalistes, on nous mettra des surveillants, pas des profs).

Dans le même ordre d'idée, je pense que c'était une erreur de demander 1h pour 1h, surtout sur la base de nos 30h de présence. Voici trois arguments :
1- A nouveau, je rappelle que 15h+15h = 30h, mais que c'est un emploi du temps d'agrégé !
18+18 (certifié) = 30+6 (certifié doc), donc si rattrapage il y a, cela doit être sur la base de 36h, comme nos collègues certifiés, donc il peut y avoir diminution du temps de présence à partir de la 7e heure de cours.
2- Par ailleurs, il y a cours et cours ! Vendredi, je lis un conte aux 6e segpa. Mercredi, des 5e terminent leurs montages vidéos et enregistrent leurs sons. Demain, je vois une classe de 4e avec un prof de chimie, les élèves vont utiliser framapad pour taper leurs brouillons de compte-rendus d'expérience. Ils n'auront pas besoin de moi, sauf en dépannage technique. Je vois une classe de 3e pour laquelle j'ai trouvé plein de nouveaux romans auto-biographiques pour renouveler le fonds un vieux vieillot. Et je teste une nouvelle activité en 5e sur les fausses images diffusées sur les réseaux sociaux, qui m'a demandé quelques heures de lecture et de réflexion sur le déroulé que j'allais choisir. Une fois préparée, testée et éventuellement modifiée, je la ferai avec mes 9 autres groupes de 5e. Enfin, ce week-end, j'ai passé quelques heures à lire des nouveaux romans, à écouter une conférence d'André Tricot (de Toulouse !), à me replonger dans les matrices EMI de Toulouse (encore eux !). Le temps de préparation n'est donc pas réductible au nombre d'heures de séances par semaine.
3- Pour ma part, je prépare mes séances en présence des élèves de l'étude, et cela me permet d'exiger d'eux de l'autonomie et un grand sens de la responsabilité. Du coup, j'atteint mieux mes objectifs de profs en préparant mes séances avec des élèves dans les pattes. Paradoxe, ou richesse du métier ?

dimanche 27 mars 2016

Se mettre au vert

En vacances dans l'Orne pendant les dernières vacances (je sais, mes destinations touristiques sont exotiques), j'ai eu l'occasion de visiter la médiathèque de Condé sur Noireau (je sais, mes destinations de visites sont curieuses, mais on en se refait pas !).
Et bien si vous passez par là-bas, poussez la porte de l'Atelier.
C'est une bibliothèque, un musée gratuit, et l'office de tourisme dans le même lieu : un 3C, en somme ! J'y ai pris un bain d'idées, de calme, de vie. Bravo à l'équipe.
Ce qu'on ne voit pas sur les photos de l'article, c'est qu'il y a une couleur fil rouge : le vert pomme !
Les boites, petites étagères, petits objets sont de couleur uniforme.

Du coup, en revenant au CDI, j'ai regardé d'un autre oeil le CDI. Trop de couleurs !
J'ai donc remplacé toutes les poubelles, boites, caisses, pots de fleurs, pots à crayon... par des objets de même usage, mais vert pomme. Pas pour tricher sur eux, mais il se trouve que c'est effectivement ma couleur fétiche. Sans le faire exprès, j'achète souvent des trucs de cette couleur-là. Cela doit être un truc de normand !

Photo prise au CDIPhoto prise au CDI
Et bien je suis assez contente du résultat. Cela clarifie, et apaise l'oeil.
Photo prise au CDI



dimanche 20 mars 2016

Position d'équilibre relative

Après bien des péripéties intérieures, voici ma feuille de route pour l'année prochaine.
Mon vélo était un peu trop chargé
Après avoir fait le point avec moi-même, j'ai annoncé à ma hiérarchie que je souhaitais :

- conserver l'heure hebdomadaire classe entière avec les 6e, afin de les former à l'utilisation du lieu et mettre en place des habitudes solides pour leurs 4 ans au collège (CDI, mais aussi activités périscolaires, fonctionnement des études, règles de vie, coulisses de tous les documents qu'ils y trouvent, y compris Internet). Ce sera une heure d'étude obligatoire, appelée "heure CCC" ou je ne sais quoi de ce genre, mais où bien sûr ma qualité de professeur sera cachée, pour ne pas que cette heure compte comme un cours. Si la ministre ou la rectrice intercède en notre faveur, et d'ici la rentrée prévoit des dérogations pour autoriser celles et ceux qui le souhaitent à conserver ces heures de "formation à l'usage du lieu", je remettrai avec plaisir ma profession en dessous de l'intitulé...

- abandonner la quinzaine d'heures annuelles 5e, afin de donner une chance à l'interdisciplinarité. Je m'en voudrais de continuer à lui nuire... (cf messages précédents) Et puis je ne vais pas me cacher toute la semaine ! Puisque les collègues sont sollicités pour prendre en charge davantage de compétences info-doc et EMI, laissons-leur la voie, faisons confiance, cessons d'être défaitiste avant même d'avoir essayé. Aidons plutôt à ce que le moins de notions possibles passent à l'as, et qu'elles soient abordées de manière le plus progressive possible.

J'avais déjà diffusé à mes collègues les documents rappelant le contenu de mes séances, d'une part, et les compétences préalables que demandent les activités documentaires d'autre part (cf 1er message Sursaut).
J'ai donc fait cette fois-ci la liste des sujets que j'abordais jusqu'à présent dans ces séances 5e, et fait des propositions pour les intégrer dans les programmes des disciplines.
Sera modifié après discussion avec les collègues. A suivre, donc !
Je remercie les collègues qui ont très vite réagi positivement, me faisant d'ailleurs regretter de n'avoir pas osé proposer avant. Leurs "tu vois, on ne t'oublie pas, on ne te laissera pas tomber" m'ont fait un bien fou.
J'ai repensé à Top chef :  c'était finalement vrai, cette histoire de contrainte pour nous obliger à nous transcender, et à inventer autre chose !

Je travaille beaucoup avec les collègues d'HGEMC, on a croisé leurs programmes, l'EMI, et l'info doc. En sont ressortis des projets d'exposés peu ambitieux mais progressifs, répétés, et répartis sur les 4 années. Nous avons déjà commencé à tester certaines formules. L'idée est de trouver des idées peu coûteuses en temps, pour pouvoir les répéter. Comme c'est mon dada, les séances courtes et concentrées, je suis à l'aise.

Merci aussi à mon adjoint qui a écouté mes dilemmes, mes craintes, lu mes documents longs comme le bras, et y a apporté un regard extérieur. Il s'est alors fait mon porte parole auprès de certains collègues et a réussi à trouver des solutions qui ne m'étaient pas venues à l'idée, n'ayant pas une vue assez générale des problématiques de chacun. Et puis j'avais trop le nez dans mon guidon, m'accrochant à mon circuit bien rodé, comme une noyée à sa bouée.

Je vais devoir changer de vélo ? Tant mieux si c'est pour avoir davantage de vitesses, et tant pis pour la selle qui était bien adaptée à mes fesses... Je m'habituerai vite à la nouvelle, et si ça se trouve, elle sera même plus moelleuse !

Je vais devoir changer mon plan de route ? Et bien si certains paysages vont sortir de mon horizon, je vais sûrement en découvrir d'autres (ça va faire rire Alice, qui connait mes goûts exotiques en matière d'aventure, elle qui est partie à l'autre bout du monde causer aux tortues de mer !).

Et bien voilà, tous les sujets ne seront sans doute pas recasés, mais s'ils le sont, ce sera bien plus efficace pour les élèves. Est-ce que ce n'est pas justement ce pour quoi je me bat depuis 20 ans ? J’avais baissé les bras trop vite, au bout de 10 ans, finissant par travailler seule, bien que relayée et pas isolée. Cette réforme aura donc été le coup de pouce salutaire dont j'avais finalement besoin, comme tout le monde (Coué mon ami...).

Avant

Après



Par contre, je ne vous dis pas les problèmes d’organisation... Mais bon, maintenant que je réfléchis en 5S, j'ai déjà des idées de classeur et d'étiquettes... 
Haut les cœurs !