mercredi 15 mars 2017

Vide ton sac

Voici le bilan d'un projet que j'ai lancé avec l'infirmière. D'abord dénommé "Groupe de parole", nous avons finalement opté pour "Vide ton sac".

Après maints et maints ajustements, nous sommes arrivées à une formule qui semble convenir aux souhaits des élèves et des adultes.

Public :
Elèves volontaires de tous niveaux, libres le mardi de 15h30 à 16h30 (une semaine sur deux, toutes les classes sont libérées. Du coup, même les externes peuvent être touchés).

Encadrants :
L’infirmière et le professeur documentaliste

Lieu :
Au CDI, mais le CDI reste ouvert.
Je fais des allers-retours entre le CDI et la salle de travail où ils sont installés. Cela permet de ne pas fermer le CDI, mais aussi d'augmenter le nombre d'élèves qui viennent. Certains élèves changent de salles, s'étant installés au CDI sans trop savoir quelle activité était proposée à côté. J'ai déjà eu l'occasion de regretter qu'ils ne lisent pas les affiches, je rajoute qu'ils n'écoutent pas non plus quand on annonce sous le préau qu'il y a cette activité ! Ils m'épuisent !

Contexte de création : 
Nous avons commencé toutes les deux par animer un club lecture le midi, sur un thème lié au domaine de la santé ou du social (famille, frères et sœurs, harcèlement, ...). Cela marchait bien, mais nous étions frustrés de n'avoir que 30 minutes au maximum, les élèves ayant manifestement des tas de choses à dire. Par ailleurs, l'infirmière avait ressenti le besoin de faire parler entre eux des élèves avec des problématiques douloureuses identiques : je suis tout seul, j'ai du mal à m'intégrer, je me fait embêter, je m'ennuie en cours, je suis tout seul à ressentir cela...

Préalables :
- Charte à signer (confidentialité, respect des autres...)

- Les sujets trop personnels ou familiaux sont écartés pour éviter que des sujets trop privés soient évoqués devant tout le monde

Déroulé d'une séance :
- On se prépare une boisson (chaude ou froide, c'est un mini salon de thé, le CDI...), on profite de ce temps d’installation pour accueillir les nouveaux (il y en a toujours !) pour leur expliquer le fonctionnement
- 15 minutes de "vidage de sac" : "Alors, cette semaine, comment ça a été ? Qui veut vider son sac ?" avec une discussion à bâtons rompus. Pensez à expliquer le sens de l'expression... Les expressions françaises, ça se perd !
- Ensuite, selon la séance et le ressenti des adultes, on laisse la discussion se poursuivre, ou on met l'accent sur un sujet qu'on garde sous le coude (famille, sport, hygiène alimentaire/sommeil, les amis, l'école, les loisirs) ou encore on propose une activité (relaxation, estime de soi, respect de l'autre, atelier d'écriture, dessin...).

Objectifs :
- Offrir aux élèves un moment à eux, où la parole est libre et le contexte convivial et détendu
- Aborder certains sujets parfois sensibles pour les dédramatiser, et le cas échéant essayer de trouver ensemble des solutions
- Leur donner la patate ("La vie, c'est chouette !"), la banane ("Tu sors d'où, toi, pour sourire comme ça ?") et les faire communiquer entre eux, créer du lien, et des liens
- Si des problèmes plus graves étaient détectés, l'infirmière prendrait les élèves en individuel, ou les orienterait vers l'assistant social.

Bilan : 
Maintenant qu'on a fait les ajustements et qu'on s'est rodées, on est vraiment contentes de l'ambiance que cela crée. On a demandé aux élèves pourquoi ils venaient. Un des fidèles nous a dit : "Je ne sais pas, je suis bien, là !". On va s'en contenter, pour garder la patate, et la banane !

vendredi 3 mars 2017

Créer un journal collaboratif avec 1jour1actu

Cette année, au moment du réabonnement à 1jour1actu, j'ai découvert qu'une option était proposée en collaboration avec le site Madmagz.

Cela permet de créer autant de journaux que l'on veut, avec une maquette limitée : une page de couverture, une page de fin (BD et ours), et entre les deux, on met ce qu'on veut, en choisissant entre 4 modèles de pages.

J'ai créé une adresse CDI spéciale pour créer un compte sur internet. J'ai pu ainsi donner les identifiants aux collègues s'ils souhaitent s'en servir de leur côté sans passer par moi.

Pour l'instant, nous avons lancé 3 projets : un journal 6 pages sur une sortie scolaire (EPI 5e architecture et moyen age), un journal 4 pages pour retracer un projet scientifique en 4e segpa, et un journal 4 pages pour un club.

J'ai dans l'idée, vu comment on s'amuse comme des fous avec cet outil, que je vais mettre assez vite les classes de 6e dessus, pour rédiger un journal de leur année, avec un petit peu de chaque classe, les projets, sorties, cours, impressions de début d'année, conseils aux CM2... Cela pourrait être fait en Vie de classe (brainstorming, recherche d'idées, constitution des groupes, démonstration du logiciel) et en français (rédaction et finitions). On pourrait le distribuer à chaque élève de CM2 en fin d'année, en passant par les écoles, ou à la rentrée de septembre. Pour les Portes ouvertes, c'est raté, c'est demain !

Pour ceux qui seraient tentés de se lancer, voici quelques éléments pour démarrer plus en douceur que moi... Ben oui, on a essuyé quelques plâtres.

Préalables

- Prévoir une info (je n'ose plus dire un cours) aux élèves sur les obligations des journalistes : droit d'auteur, droit à l'image
- Si le journal doit être diffusé, prévoir des autorisations parentales (cf exemple rédigé pour notre collège)

Définition du contenu et organisation matérielle


- Brainstorming avec la classe (difficile quand plusieurs classes travaillent sur le même journal) ou entre profs pour prévoir les sujets, le nombre de pages, les modèles de pages choisies, les élèves qui travaillent ensemble. On peut mixer la formule : choisir entre adultes les grands thèmes, le nombre de pages et la maquette, se séparer les pages entre les classes, et ensuite laisser les élèves s’approprier le contenu.

- Nous avons créé un chemin de fer avec 1 post-it par encadré. Le thème était déjà inscrit sur les post-it ou ont été choisis en direct. Les élèves prenaient leur post it, rajoutaient leurs prénoms, et en fin d'heure, recollaient le post-it sur le chemin de fer. Il faut prévoir d'avoir photocopié les modèles de pages possibles en plusieurs exemplaires, pour pouvoir choisir plus facilement :
Document personnel
Notre chemin de fer
- J'ai créé en amont un compte utilisateur par page : page1, page2, page3...
Pour éviter que deux groupes se connectent en même temps, j'ai rajouté un post-it d'une autre couleur sur le chemin de fer. En effet, chaque page ne peut être ouverte que par un seul utilisateur à la fois. Les élèves qui auront reçu l'autorisation de se connecter iront chercher le post-it, qui du coup ne sera plus sur le tableau !
Si vous trouvez ce post-it inutile, imaginez-vous en train de courir entre 12 équipes qui travaillent sur les encadrés devant figurer sur deux pages seulement ! Se souvenir qu'on a dit OK à un groupe pour modifier la page3, c'est mission impossible...

Organisation du travail des élèves


- Pour les textes, j'ai choisi l'option "brouillon à la main" puis mise au propre au traitement de texte. Ne pas les mettre sur le site directement peut être un gain de temps appréciable, puisque du coup, on peut faire travailler tous les élèves en même temps. Le traitement de texte permet en outre de corriger plus facilement (correcteur orthographique + impression plus facile). Dernier avantage et non le moindre : en cas de perte de la page (il y a des bugs, attention !), on a la sauvegarde des textes, il "suffit" de refaire les copier-coller. Le seul inconvénient est que les élèves ne visualisent pas ce que ça donnera dans le journal, ni la longueur nécessaire. Et c'est moins motivant. Il ne faut donc pas tarder à les mettre sur le site.

- Quand on a validé le texte d'un groupe, on peut leur donner l'autorisation d'aller remplir la page sur le site. J'ai mis le lien vers le journal collaboratif dans esidoc. Une fois sur la page, les élèves tapent le nom d’utilisateur de leur page (page1, page2...).

Fin de séance et début de la suivante


On peut imaginer que les élèves n'envoient leur page que quand elle est entièrement terminée.
Inconvénient : des élèves mal intentionnés pourraient entre deux cours aller supprimer le travail des autres, puisque le lien est dans esidoc. Si on donnait le lien via pronotes, le problème serait le même.
Mais comme on tape les textes sur traitement de texte avant de les coller dans le journal, ce n'est pas trop grave tant que la page n'est pas bien avancée.
On peut donc passer le post-it de groupes en groupes, pour que chacun remplisse son petit morceau, pendant les premières heures de travail.
J'ai attendu que les pages soient à peu près terminées pour leur demander de les envoyer. Cela m'a permis de mouliner un pdf intermédiaire pour l'envoyer aux collègues pour qu'ils voient l'avancée du travail et puissent noter les corrections à faire sur les feuilles imprimées.

Par contre, il faut leur demander de bien se déconnecter avant de fermer la page internet.

Au début de la séance suivante, selon l'état d'avancement, on peut mettre directement les élèves au travail, ou, en fin de projet, si les pages ont été envoyées la fois précédentes, on fait un point au vidéo-projecteur.
Je sais, j'ai de la chance, un CDI avec salle de travail, vidéoprojecteur, et ordis en nombre suffisant, c'est pas courant ! Mais avouez que c'est un sacré problème que les conseils départementaux ne sachent pas ce que devrait être un CDI digne de ce nom ! 
On passe en revue les pages pour leur faire prendre conscience qu'ils sont dans un travail collectif, c'est la fameuse conférence de rédaction. Au fur et à mesure qu'on a visionné les pages, on les ré-envoie aux équipes pour les corrections (il y a un bouton spécial).

Après 3h de travail (dont 1h pour le brainstorming) avec une classe de 5e, ils n'avaient encore rien tapé ou presque sur les pages. C'est fou ce que c'est long de faire écrire des élèves. Et encore, ils écrivent sur une visite qu'ils ont faite, il n'y a pas de recherche doc ! J'ai donc récupéré 1h d'étude pour avancer la rédaction et la saisie. Du coup, en 1h de plus, ça a avancé d'un coup. Mais il manque encore des textes, les corrections, et les illustrations. Et je n'ai plus la classe en heure CDI, donc j’attends que la collègue reprogramme une heure de cours.
J'ai aussi appelé au secours le collègue de segpa, pour m'aider à faire écrire les élèves, seule je n'y arrivais pas. Il leur a fait terminer et corriger les textes et les dessins en cours de français, et ils n'auront qu'à les mettre aux bons emplacements avec moi sur leur heure au CDI. Il y a passé 3h !
Il ne faut donc pas se lancer dans ce type de projet si on n'a que peu d'heures, et si on est seul ! Un projet, quoi !


On en fait quoi après ?

Quand on aura terminé, je moulinerai un pdf, il sera mis sur le padlet des journaux dans le site du collège. J'imprimerai une version papier pour le CDI. 

Nous n'avons pas encore décidé si nous allions le photocopier pour chacun des élèves. Ce serait mieux, mais avec 6 pages pour 50 élèves, ça fait beaucoup de photocopies... 
On pourrait prévoir de lui donner vraiment le statut de journal du collège, et le vendre un prix symbolique (quand on paie 10c un journal, on ne le jette pas). Cela permettrait à des élèves qui ne sont pas les auteurs de l'acheter, et ainsi de valoriser le travail des élèves. Aucune décision n'a encore été prise à ce sujet.


BILAN

C'est vraiment chouette comme façon de travailler. Les élèves travaillent comme des journalistes, en équipe. Ils voient le résultat prendre forme. Et c'est très facile à gérer pour le coordinateur adulte.
On peut évidemment faire la même chose avec le site magmaz directement, qui est gratuit dans une certaine mesure, ou avec une maquette créée avec libre office dessin ou scribus, qui serait mise à disposition des élèves dans un réseau. Dans ce cas, le même déroulement de projet serait envisageable.

Quand ce sera terminé, je mettrai à jour ce billet si de nouvelles idées nous sont venues, ou si des problèmes sont apparus. Je mettrai un lien vers les journaux. 

Tous nos journaux !


4e SEGPA, 31 mars : volcans et séismes


Les 5e SEGPA : 

mercredi 22 février 2017

Coachs numériques, ou PAO (publication assistée par un organisateur) : la galère !

Cet article est une spéciale dédicace aux collègues qui ont vu dans ce projet une super bonne idée, et qui seraient tentés soit de se lancer, soit de se lamenter de ne pas réussir à faire des trucs aussi bien...
Rassurez-vous braves gens, rien ne marche dans ce projet !
C'est une galère : on rame beaucoup, il y a des courants marins que je n'avais pas prévus, et j'ai des esclaves que j'appelle "coachs" ou "cobayes" selon les défis du jour. Cela dit, on voit quand-même la côte qui se rapproche !

Voici donc un bilan d'étape, et comme la route est longue... il est long ! Préparez les gilets de sauvetage, et un petit Thé-biscuit. Ou bière-Tuc, selon l'heure...

Image libre
En avant toute !

mercredi 1 février 2017

A l'aventure !


Deux projets cette année sur les romans d'aventure en 5e :

- trois classes ont lu un roman en entier, parmi une sélection de romans d'aventure jeunesse. Ils ont ensuite créé un nuage de mots argumenté. En plus de la lecture d'un roman et du travail argumentatif en français, cette activité a permis de faire un peu de traitement de texte, de manipuler pas mal de logiciels et de fichiers, de savoir modifier les paramètres de google-image (pour choisir des clipart intégrables dans Tagxedo), d'utiliser la "bidouille-dafont" pour les "beaux-titres". En plus de la demi-heure de choix de romans, nous avons pris les élèves 2 heures.

- deux classes ont découvert pendant deux heures des romans d'aventure classiques, en compagnie des bénévoles qui interviennent aussi pour les lectures d'albums. Chaque valise était constituée du roman en plusieurs exemplaires (il ne fallait en lire qu'un extrait), une BD ou un album, et d'une tablette pour regarder 1 ou 2 vidéos courtes présentant l'auteur ou le roman. Une feuille de route leur donnait le chemin à suivre. Chaque élève a ainsi découvert deux romans, sans obligation de les terminer par la suite. J'ai insisté sur le fait qu'ils ne les liraient peu-être que dans 10 ou 20 ans, mais qu'ils les connaîtraient. Je vais maintenant mettre les BD et albums sur le chariot de la vie scolaire, et laisser encore une semaine les romans au CDI sur une table.

Comment exprimer ici mon enthousiasme à l'issue de ces deux projets ?
En vous laissant imaginer les sourires réjouis de tout le monde, prof de français, profdoc, élèves et bénévole, peut-être ?
Et en vous donnant un aperçu visuel de ces différents voyages :
Photo du CDI
Les valises et sacs de voyage fermés
Photo du CDI
Les kits de découverte
Travail d'élève
Le nuage de mots créé avec Tagxedo
travail d'élève
La justification des mots (+ astuce dafont)
(rajout 16/02/1 : on a terminé de sélectionner les nuages publiables, ils sont sur l'e-sidoc du CDI)

mardi 31 janvier 2017

Des mini coachs !

Document personnelPour compléter le dispositif des coachs (cf billet précédent), j'ai décidé d'ouvrir aux 6e-5e  la possibilité de se former à des petites choses bien pratiques.

L'idée, c'est de former 1 ou 2 élèves au moins par classe pour qu'ils sachent :
- dépanner rapidement un ordinateur en salle informatique en vérifiant les branchements (en fait, non ! On m'a fait remarquer que c'était pas idéal de mettre les doigts des élèves dans les prises. C'est pas faux !)
- savoir mettre du papier dans l'imprimante en fermant bien le tiroir (et savoir où aller chercher du papier quand il n'y en a plus, sachant que la réponse n'est pas "au CDI"...)
- savoir scanner leurs dessins
- savoir prendre une photo et la récupérer
- savoir se servir d'une liseuse.





mercredi 25 janvier 2017

Libertés en 4e, on remet ça !

Avec mes collègues d'EMC, nous avons relancé l'activité de l'an dernier sur les libertés, en 4e.

Nous avons conservé l'idée des padlets et du collaboratif.

Nous avons rajouté :
- une étape de lecture au début, avant de les lancer sur Internet
- une étape de lecture intermédiaire des documents de collecte, pour faciliter l'appropriation des connaissances, et éviter l'effet dévastateur du copier coller sur un mur padlet
- des indications plus précises pour le contenu du padlet, avec des outils à utiliser (frise chrono, carte légendée) et donc des documents à créer (et pas à copier coller d'internet)
- du travail maison facilité par des outils collaboratifs à distance et des heures d'étude réservées au CDI.

Cela donne une activité vraiment chouette, qui nous a plu à tous, profs comme élèves. Les exposés oraux étaient de qualité. On a eu l’impression qu'ils maîtrisaient davantage le sujet que l'an dernier, qu'ils avaient vraiment fait des liens avec les libertés.

Voici des exemples de padlets qui ont servi de base à ces exposés :
https://padlet.com/4b_mathurin/ua5kow7703d6 
https://padlet.com/4c_mathurin/8igldaqlexk4

Et le document de consigne (mis à jour le 01 mars pour la toute dernière classe qui vient de commencer). On a essayé de les obliger à suivre les étapes, en mettant des cases à remplir jusqu'au bout, et en évaluant le carnet de bord. Le mot de passe qui bloque l'accès aux framapad et padlet est très utile pour ne pas que les groupes suppriment le travail des autres.




Recentrage sur l'informatique

Rappel des épisodes précédents : on a réussi à mettre en place au collège des "projets de base" (sur tout un niveau) en SPhy 5e (cf billet) et EMC 4e (cf billet). On est d'ailleurs tous super contents de ces projets.
J'ai vu certaines classes deux fois sur la même période : une fois pour ce projet de base + une autre fois avec un collègue demandeur pour juste ses classes.
(Je ne parle pas beaucoup des 7 classes de la Segpa, le travail avec eux avance comme chaque année, la réforme n'a rien freiné.)

Et bien j'ai remarqué 4 choses.

Mes 4 constats :

 

- Il y a un croisement de compétences mises en oeuvre, une sorte de maillage qui se fait entre toutes ces activités, qui pourrait aboutir à une vraie formation progressive des élèves. C'est plutôt positif, voire très positif. Et ça me donne plein d'idées pour la suite !

- Les compétences que j'apporte sont essentiellement liées à une culture informatique (et pas informationnelle). C'est pas inutile, loin de là, j'aime assez que les élèves maîtrisent les outils.

- Il y a des sujets désormais absents de mes interventions (par manque de temps avec les élèves, et parce que la demande des collègues est juste de les faire chercher et créer. Le temps pris sur les cours est déjà conséquent rien qu'avec ça, pas le temps de donner une culture informationnelle ou numérique). C'est un peu moins sympa.

- Mes collègues font sans doute des choses dans leurs classes, sans m'en parler. Mais comme personne n'est clairement désigné pour coordonner les apprentissages EMI, ces apprentissages sont invisibles.


Les projets programmés AVEC les collègues :


Compétences info-doc sollicitées : 
- méthode du document de collecte systématique (collaboratif à partir de la 4e)
- en 5e, trouver des sites fiables scientifiquement

Compétences informatiques : traitement de texte (marges, centrage,  gestion des images, belles mises en page...), enregistrements sur un réseau (dossier, fichier), maîtrise des formats de fichier, aisance avec plusieurs logiciels, utilisation de plusieurs outils différents dans le même projet, outils collaboratifs, savoir retrouver sur un disque dur un fichier téléchargé automatiquement...


Ce que j'ai rajouté sur heures d'étude parce que vraiment, ça me faisait trop mal au coeur : 

- Vie de classe 5e (toutes les classes) : 1h sur les types de sites et leur fiabilité (cf billet)
- Vie de classe 5e avec le PP (1 seule classe pour l'instant) : 3h sur les moteurs de recherches et le vocabulaire de base. On a abordé les images sur les réseaux sociaux suite à des questions d'élèves ("Pourquoi Machin il a sa photo dans google image ?").

Et ce qui manque :

Notions absentes : vocabulaire (internet, web, navigateur, URL), fonctionnement des moteurs de recherche (algorithmes, page rank, data center), éléments de développement durable (coût énergétique du numérique), e-reputation, droit à l'image, droit d'auteur, problématique des réseaux sociaux, malwares et protection de son ordinateur, arnaques (spam, hoax, phishing).

Trois remarques en guise de conclusion provisoire :

- ça fait beaucoup !
- c'est pas grave, si c'est fait quand-même par d'autres que moi.
- c'est pas grave même si c'est pas fait. De toute façon j'en faisais trop, les collégiens n'ont pas besoin de tout savoir.

Pas envie d'épiloguer sur ces remarques ce soir, juste envie de voir l'avenir en rose, et de me dire que je fais forcément arriver à rajouter quelques projets de base pour enrichir un peu la proposition actuelle.

Dans cette hypothèse, les autres projets seraient alors des bonus pour les élèves, pour voir des choses inutiles mais intéressantes, ou pour faire du réinvestissement. Et si ces projets n'avaient pas lieu, la profdoc ne se mettrait pas la rate au court bouillon en se disant qu'elle ne fait plus du bon boulot...
Couverture de livre
Allez, une petite tambouille EMI ! Qui veut du rab ?

mardi 17 janvier 2017

Comment faire une bonne recherche internet ? Développer son esprit critique ? Le tout en 1h, c'est le 2e effet réforme !

Le contexte

Mes collègues de Physique ont accepté cette année que je prenne des heures sur leurs cours pour que les élèves fassent une recherche avec document de collecte et mise en page. Pendant ce temps, ils font une expérience en demi-groupe.

Pour compléter ces deux heures déjà tambour battant (mais qui se passent vraiment bien), j'ai rajouté aux classes 1h pour évoquer la question de la pertinence des informations scientifiques qu'on trouve sur le web (sur les heures de vie de classe quand c'était possible, sinon, sur heure d'étude lambda).
Pour la petite histoire, j'ai passé 2h à caler 4h de séances, entre la recherche de créneaux, la demande par email aux collègues, les petits mots à distribuer aux élèves... Bref, c'est pas rentable rentable pour moi, mais c'est comme ça, il faut que je m'y fasse.

Voici le contenu de cette heure, que je n'ose pas appeler cours, ni séance, ni activité (en 1h, difficile de mettre les élèves en réelle activité, et surtout pas sur les ordi !).
Ce déroulé de séance a été testé et modifié quatre fois (autant de fois que de classe !) et la séance associée de recherche en Sciences Physiques a été modifiée aussi (on ne fait plus un exposé, mais une recherche de documents qui permettent de répondre à la question).

Voici donc "1h top chrono" (45 min pour la dernière classe qui a Vie de classe le midi...), et n'attendez pas un vrai compte rendu qui respecte les codes pédagogiques de mise en page. Cette année, je bricole, donc mes compte rendus, c'est du bricolage !


Le déroulé de séance, mis à jour plusieurs fois depuis sa 1ère mise en ligne (liens sur https://padlet.com/c_pommereau/zvcyl73g80ih )


- Avant leur arrivée, la page suivante est à l'écran, en cachant le haut du site :
http://www.scienceinfo.fr/inondations-segolene-royal-propose-de-larguer-eponges-faire-baisser-niveau-de-seine/
Capture d'écran
http://www.scienceinfo.fr

- J'explique la séance (sans donner le thème, évidemment !), je rappelle qu'on va faire un exposé en physique de 2h, et qu'on a besoin d'une heure en plus pour préparer, et j'attends de voir s'ils réagissent au site affiché (qu'ils regardent bien sûr au lieu de m'écouter. Pour une fois, j'utilise un de leurs défauts !).

Dans mon imaginaire, les élèves réagissent : "Mais Madame, c'est n'importe quoi, des éponges !" Dans les faits, 3 classes ont été inertes, voire ont trouvé que c'était une bonne idée (mais comment enlever ensuite les éponges imbibées ??), 1 seule classe s'est rapidement mise à sourire.
J'ai donc dû trouver des astuces pour les amener à réagir, sans trop en dire :
- attirer leur attention sur le tableau : « On va commencer par travailler avec ce site. Quelqu'un a une remarque à faire ?"
- sauter sur le 1er élève qui ébauche un sourire pour lui donner la parole.
Bon, une élève a fait remarquer que c'était louche (ce qui était un bon début) parce que c'est pas possible, toutes ces éponges, ça va au contraire augmenter le volume de la rivière !... C'était vrai scientifiquement, du reste...
- leur demander  "Si votre exposé de physique c'est "Comment diminuer le niveau de la Seine en crue ?" vous allez dire à votre prof que vous allez jeter des milliers d'éponges dedans ?" le tout avec un visage un peu expressif, genre, "enfin, les enfants, réfléchissez un peu..."

- Pour preuve de l'imposture, fouiller avec eux le site pour trouver l'auteur (rubrique « à propos » en haut).
(prévoir un peu de temps pour récupérer la classe après qu'ils auront vu le bandeau de pub factice...)

- Annoncer le thème du jour : "Vous avez donc deviné, le sujet d'aujourd'hui, c'est de comprendre pourquoi il y a des choses fausses sur le web, et comment les détecter pour ne pas se faire avoir".

- Les faire causer un peu : "Pourquoi il y a des choses fausses sur Internet ?"
- pour faire rire (cf ce site)
- parce qu'on s'est trompé (cf la Une de L'actu)
- pour dire du mal (sites racistes)
- parce qu'on n'y connaît rien

- "On va faire une liste de tous les types de sites qui existent sur le web, pour voir si on peut les utiliser ou pas pour un exposé".

- Rajout d'aujourd’hui, pour gagner en efficacité : j'ai distribué des petits papiers découpés, et ils ont noté dessus des noms de site. Ils ont ensuite mis en commun à chaque table tous leurs papiers pour faire un classement. J'ai circulé pour les aider à classer et nommer les catégories, c'est très dur pour certains 5e.

- La première fois, j'ai laissé les élèves noter des idées au brouillon, mais j'ai bien vu que ça n'allait pas aller. Ils étaient perdus, ne savaient pas quoi noter, c'était le souk. Donc j'ai décidé de leur donner un tableau déjà créé, quitte à faire des photocopies. Deux classes ont donc rempli ce tableau, et on a fait la ligne 1 ensemble avec le site des éponges.
Document personnel
Tableau déjà prêt à remplir, pour gagner du temps
Il est d'ailleurs devenu noté sur 4 points, et il y aura 16 points pour l'activité suivante de 2h. Cela m’horripile de devoir mettre une note, mais j'ai eu toutes les peines du monde à les motiver, la moitié ne faisait rien, ne réfléchissait pas, n'écoutait pas la mise en commun. C'est dur de débouler comme ça avec une classe avec qui on n'a pas d'habitudes de travail. Et le PP n'est en général pas là, cela n'a finalement pas été possible. Donc j'ai expliqué que j'évalue leur investissement : s'ils suivent, s'ils sont concentrés et sérieux, ils auront tous les points. 

Ensuite, les groupes travaillent seuls et je circule. C'est l'étape la plus importante, je fais les corrections en temps réel, je ne les laisse pas mettre d'erreurs.

- Correction : 4 minutes chrono en catastrophe avant la sonnerie, chaque table énonce une de ses lignes, les autres doivent écouter et la rajouter en rouge s'ils ne l'ont pas trouvée.

- Formule sans tableau pour la séance de 45 min, juste les papiers classés sur les tables, avec les intitulés en rouge, le tout pris en photo avec la tablette pour garder une trace. La classe était très active et réactive, et le PP était présent, ce qui a rendu possible cette formule moins "scolaire". Finalement, c'est cette formule sans "fiche de travail" à remplir qui me convient le mieux, mais impossible de savoir si avec les classes plus faibles et moins actives, et toute seule pour courir entre les 6 tables, cela aurait fonctionné. Il me reste une classe à faire, pas encore programmée, je verrai bien. Une élève a été choquée qu'on jette les papiers, "on a travaillé pour rien ?". La trace écrite conservée est indispensable pour certains élèves.

Travail d'élèves
Une table qui a carburé
Une table qui a eu beaucoup de mal, même avec cette méthode

L'objectif n'était pas d'aboutir à une typologie parfaite, mais de les faire réfléchir. De leur faire prendre conscience qu'il y a un auteur derrière un site, avec des intentions. Les faire s'interroger sur ce qu'il a derrière la tête quand il crée une page, et de sa légitimité à parler d'un sujet. C'était pas plus ambitieux que ça. Voir un peu derrière les apparences.

Bilan

Au départ, je devais terminer l’activité en leur faisant lister toutes les précautions à prendre sur un site, pour vérifier si c'est fiable. Mais par manque de temps, j'ai dû me séparer de cette étape ultime, qui était au départ l'aboutissement...

Je ne suis pas très contente de cette activité, parce qu'en fait, on a fait davantage une typologie de sites qu'une analyse de la légitimité de l'auteur (je vais continuer à réfléchir à une autre type de séance plus adapté à cet objectif-là).
Mais je me dis que c'était un début indispensable, qui permet de vérifier s'ils ne mélangent pas tout (et j'ai vu qu'ils mélangent tout !).

C’est la suite de l'activité en sciences physique qui donne tout son sens à cette heure de découverte. Ils se penchent vraiment sur les sites trouvés pour chercher qui est l'auteur. Je vois vraiment leur regard changer.
Isolée dans un EMI-CDI sans connexion avec des projets de collègues, cette activité serait stérile. Il faut la voir avec son à-côté, les 2h de sciences physiques.

La suite

Tout d'abord, les 2h en physique, bien sûr. Elles justifient la séance, lui donnent tout son sens.

Pour les autres sujets de "culture numérique", j'ai prévu une autre activité qui pourrait tenir en 2h. Je vais la tester en vie de classe avec une collègue PP qui m'a sollicitée. Chic ! Et je croise les doigts pour pouvoir le faire aussi avec les autres classes. Sinon, je prendrai sur leurs heure d'étude, tant pis.
Le contenu sera sans doute :
- Vocabulaire : Internet, web, navigateur, moteur
- Fonctionnement moteurs de recherche (spider robots, data centers)
- Google n'est pas le seul moteur, donc qu'apportent les autres ? (données personnelles, financement...).

Et avec tout ça, on n'aura toujours pas parlé de l'e-réputation, de la vie privée, du droit à l'image. Comment s'en sortir sans heures à l'emploi du temps ? Et qui va le faire si ce n'est pas moi ?
C'est infernal cette nouvelle organisation, même si je dois avouer que les collègues, parfois (pas souvent) assistent à des séances sur ces thèmes. Cela pourrait contribuer à les former à ces thématiques.
On va rester sur ce côté positif...

dimanche 8 janvier 2017

Exposés en Sciences Physiques en 5e

J'ai déjà évoqué à deux reprises ce projet, alors cela vaut bien un billet pour lui tout seul. C'est un des seuls projets survivants parmi ceux prévus en juin pour pallier la suppression des heures CDI. Il y a aussi le projet en EMC 4e, qui fera l'objet d'un bilan à la fin de la série de séances.

Discipline : Sciences physiques
Niveau : 5e
Horaire : 2 ou 3h, sur temps de cours SP, en demi-groupe, pendant que l'autre groupe fait une expérience avec le collègue.
Sujet : différents selon les classes, selon la demande du collègue.
Thèmes abordés : document de collecte, démarche "on cherche/on lit/on tri/on met en page", mise en page, beaux titres avec dafont
Evaluation : simplissime, étant donné le peu d'heures (attentif ou pas, réussite ou pas)

Fonctionnement des guides : c'est ici.

Sujet 1 :  biographie de scientifiques. 
Ils n'ont à leur disposition que des tableaux les représentant, pour les obliger à utiliser la recherche inversée d'images.
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Sujet 2 :  questions de type "D'où vient la lune".
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Guide 1ère version, trop dur en 2h
Complément d'une heure sur vie de classe pour le 2e sujet : la question de la validité des informations (cf cet autre billet).

Rajout du 15 janvier : c'est trop dur ! Les élèves n'ont pas réussi à terminer en 2h, je m'y attendais un peu. Je réoriente mes consignes pour les autres groupes : on ne fait plus un exposé, mais un document de collecte bien mis en page, qui propose un site intéressant, une vidéo et une illustration explicative (infographie ou schéma). Le tout évidemment en présentant les sources et en  analysant les auteurs, pour réinvestir le contenu de la séance sur Vie de classe.

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2e version, plus en lien avec le tri de sites valables

Rajout du 19 janvier (mais si, je vais y arriver !) : j'ai fait tester plusieurs formules de mise en page, libre office dessin format paysage ou le traitement de texte avec des tableaux (j'ai fait un modèle). Cela marche bien mieux avec le tableau à remplir. On ne perd pas le temps de changer de logiciel, ils sont moins perdus, et on voit la technique du tableau et l'ancrage des images, ce qui est un plus.
D'ailleurs, je pense supprimer un des 3 documents, sans doute l'illustration. Il vaut mieux qu'ils fassent bien deux docs que mal 3. Ce qui est le plus utile, c'est qu'ils s’interrogent sur les auteurs, fouillent les sites et argumentent. Voici ce que ça a donné avec un élève ce matin :
Dernière version, avec le logo "point technique"
Travail d'élève
Au fil de leur travail, j'ai montré le clic droit pour ouvrir un nouvel onglet, le fait que les résultats sont meilleurs quand on ne demande pas à google "pk y a til des cratères sur la lune", les options de recherche de vidéos pour choisir la durée, les moyens de preuve de la fiabilité d'un site (on peut chercher dans wiki ce qu'est ce journal, ce musée... et donc voir si c'est un truc connu), et attirer leur attention sur les indices visuels et techniques des sites (mentions légales, bandeau, sommaire, choix des couleurs..).

Version 4 : ils chercheront la vidéo avant le site ! Ce qui m'évitera de me fâcher parce qu'ils sautent sur les vidéos comme des cochons sur des poires molles (il parait que cette expression n'existe pas, tant pis !).